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-ffbt^ces : il

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un yoiï. p

vant àspi

j ai vise ^

vLespla

tous les j(

s'inirier d

rri engagé en. e>:pliq

î. s

[msllgËiÉiËifi

PREFACE.

N livre élémentaire doit être un ouvrage intelligible plutôt qu'un ouvrage abstrait. Je laisse la mé« taphysique de notre langue ^ aux Dumarsaisy aux Girard , aux Beau- zée. Ce travail convenoit à^ leurs :v forces :' il étoit digne de \i lagacité de Icur^esprit, et de la profondeur de leur génie; Bien inférieur à ces iagramniàiriens philosophes, j'ai pris' un vol. plus l\umble , et , pou« vant aspirer à Une grande gloire , j'ai visé à une grande utihté.

Les plaintes que j'entendois faire y tous les jours 3 lur la difficulté de s'initier dans ;. notre orthographe > ,ni^êngagèrent à ouvrir les hvres qui en expliquent lès mystère s . Jq itia

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vi P REtACE. ■■ ' ' '■''

crus transporté dans ces temps la fiiperstition intef rogeoit des dieux pierre: Toracle fe faisoït entendre V et ronrevenoit moins instruit. Des définitions obscures , des fubdivi- sions embarrassantes' 5 des règles faiisses , des problèmes fans folu- ' tiori 5 des discussions fans logique,; des fentiments- fur parole , de longs ouvrages fans ftylepu des abrégés qùiVapprennent rien : tels Ibrit nos livres élémentaires fur l'art d'être correct' dans l'écriture et dans le

: L*impossibilité des progrès me parut d(!fmontrée. Mais comrnent parer à tant d'inconvénients ? J'o- sai envisager le^* difficultés , fans être découragé par leur nombre -y ni effrayé par leurs épines. Une ob- servation produisit lin fuccès ; de nouveaux fuccès naquirent d'obser- vations nouvelles : elles s'àccrxirent insen^iblcmérit, et ma gramïi^re fe

i^

/.^:

S

PF

trouva faîte j f le înoindre^ ^ le plus propre fut toujours ^•touidurs rerta vaincue.

Cependar fouvent la th dans fon cab . cercle, qui ^ mer , fa décc ces.L'expér

^touche des i * je n'ai pas aux. yeux d rlfier pareils grès et la 1 ont passé rr

Je fuis j voir tout V doute 5 ont ches. Aussi tous les inst contribuer

\. V

^Pv.

"•

/^

PRE FA CE.

V'j

trouva faîte, fans que j'eusse éprouve moindre, dégoût dans k fujct. le plus propre à en donner. L'ennui . fut rqujours écarté par le plaisir '•'tôuidurs renaissant de la difificulte .

yaincue. •.: .* ' ,' . ;

^ Cependant l't^x'écuîioii dément : . fouvent la théorie , et 'tel a trouvé,

dans foîi cabinet, la cjuàdratiH-ç du . = cercle, qui .voit 'no^yer, en pleine -mer, fa décou>'erte et fes espémn- ./_

ces.^ L'expérience est > la pierre de:' , ^touche des fystemés' nouveaux ,, et : ^ " ie n ai pas voiîlu exposer le tnien- ,, , âiix y^ux du pwHic , fatis le vé- ; :

rlfier par elle, La rapidité de&.pro- ,

grès et la folidité de l'instruction '%.;

ont passé mon attente,' ' ,.- '.

Je fuis pourtant "bien l^ïn d'à- Z^"

^oir tout ^u ; , mille .choses ^ fans

doute, ont échappé à^ mes recher-- .

ches. Aussi ie prie avec fincérité -

tous les •instituteurs de vouloir bon

contribuer à ia jJerfçction ;dc;.c(:t ^

•\

A*

--^

r

\

V

Vllf

PREFACE.

essâî ; je recevrai ^^leur critique avec reconnoissance, je fubjtituerai leurs observations aux miennes, et je ferai charmé que mon ouvrage m'appar- tienne un peu moins y pourvu qu'il devienne plus^ile.

.^.

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LOI

.x^^ X

L'Ort]

noissanc propres ; notre lai Cette foumise Ver et d'

(I) J'aj résulte u^

'^

. CHJ

■y .ri

Les Ci ÇO, Te

Ibnnes.

L OBTHOGRAfîIii'

L'ORTHOGRAPHE

F R À N Ç 0 I S E.

L'Orthographe frairçoise estia con-

noissance des caractères et dés^figncs

propres aux mots et aux phrases (1} de

notre langue.

Cette connoissancc n est pas toute

foumise à des règles; l'habitude d'obscr-

Ver et d'çcrire en est le fiipplémcnt.

_. . . ■> -■■ ,f

(i) J'appelle j^/irjj;? une Ti»i|e de tiiots d'oîi résulte u^ ftns coniplVr. V

•^

:^

. CHAPITRE premier; '

\ Des Caract è he^s, ,

' '. ' ■■ ' ■■. *

Les caractères , qu'on nomme lettres (i) , fe divisent en voyelles et en cqn- Ibnnes. Nous comptons cinq voyelles , ^,

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1^

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1. ' : L^O R T n6 G R A.P H E f

// , ^ , f ctj, a , w; toWe( les autres lettres ont le nom de consonnes ( 2 ). ^

" L'ancienne "^pellation des lettres :. ^ :lè^ ce , ,^effP; gtf ^. hache &ç. a fuit place à rappeUation nouvelle: be , ke ; deyfeyghcy fre C3^:^et la rai%?nf enfin, a triomphé dç. la routine.

(l> Les 'caractèr*cs qu'on nomme le ttrei. Les érvinoloéistes ne foSht pa^ d'accord fur la vraie racine du mot lâtiar/f^^r^ , d'où nous eft venu le mot lettre, ^ "f ^ ; .

Scion' Priscien , liitcra s'est forme , par lyrî-

'cope , de legitera , fo çzi i /f^en^i iter prcEheat,

par<:c que les lettres ouvrent la Voie de la

lecture. > . -j ,'.

Sdfjn d'autres , //«rr^ vient de htura , ra- fure, parce que les anciens , traçnnt lc^s mots fur des taUlettes de cire ^ ctoieiu dahs 1 usage , de les effacer ensuite." '^' , ,,,

Scaliger pense qu'on àx à'abqv^inedturtr , parce que les lettres font cc^niposécs de petites ' li^'nes , et qu'on a fini par dire //aeV^. ;

Vossius , Hesychius et le président .de "(Grosses dérivent ce mot d'un adjectif grec qui firrnifie mince, délié, exigu: ce^u» , en ettet ,^ oSùlifle bi^a lès c traits que nous appelons lettres. Litter^\^it M. Beauzee^. est une^es- nèce d'adjectif; c'est comme fi 1 on disoit nnttr littcr^ y c'est-à-dire , not^ elementarcs, notar partium vocis tennis simaruui'Ms fignes élémen- taires , les images dôs parties les plus petites

Telltslbnt les diiî^renrcs' racines assl^ni^p au mot /iVi^rJ. Toutes font vraisemblables ,., aucune peut-être n'est vraie , mais , dans ic^

«>•

r-

'«»"

fcîences coi d'un grand

(a) Tou

consonnes, I ^vec ; parce si elle n'est

maire franc un nouveaC Fâvantage ( d'étreapplic consonnes , voient^ vo idée , frapp génie de m bureau typ( si le goût & rigée ; mai ques lettres ont nui au f qu'il est j < velle; mais pellation ne & fon trior Cependai aplrès la réf< venir ni à t< sitions, La I vif, & le I .pauvre, il i^ rigé, uafyl le monde p que les inu goût. Touî connois fon On y viole i

r'

Franco

i*s 1.

fciences conjecturales, la vraisemblance esc d'un grand prix*

(1) Toutes les autres lettres ont le nom de consonnes. Le ràot de consonne iignifii q:/i fo. ne avec ; parce que la consonne est fans valeur , si elle n'est jointe à unt voyelle.

( 3) Be , ke\f de , i:c» L'auteur de :a ^^jam- maire françoise Port - Fï^yal avoit établi un nouveau fystème de kcture qtîi joigncfit ;i l'avantage d'être infiniment plus facile c,elùi d'êtreapplicable à toutes les langues. Voyelles , consonnes , diphthongues , tous les fons dc^ voient^^voir leur articulation propre. Cette idée , frappante par fa justesse , 'enflamma le génie de M, Dumas , et lui fit concevoir le bureau typographique : méthode excellente , si le goût & l'esprit de précision l'eUssént di- rigée ; mais la fausse dénomination de q*be^- ques lettres , & l'inutile multiplici*^ des cases' ont nui au fystèmedeLancelot. Le bureau, tet qu'il est ^ doit fes fuccès à l'appellation nou- velle ; niais , on n'en peut disconvenir \ l'ap- pellation nouvelle doit ^u bureau fa.célébrité & fon triomphe. ; S

Cependant le bureau typograph^ue , mcme' 2J^H la réforme dont il a besoin , ne peut con- venir ni à tous les esprits , ni à toutes les po- sitions. La patience qu'il exige fatigue Tcnfir.t , vif, & le prix qu'il coûte en prive l'enfant ^pauvre, il faudroit donc , outre^le bureau cor- rigé, uafyllabaire peu coûteux, afin que tout le monde pût l'acheter , & bien précis , afiri que les inutilités ne fissent pas naître le de- goût./Tous \qs livres abécédaires que ]C connois font marqués au coin de ri^norancc. On y viole jusqu'à la valeur des temps fyllat.i-

2.

y^

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fr

•y

4 l' O R T H O Ç R A ?*H E

qpcs ; le moins mauvais de tous fait un dissyt- !a5e de nuage , et un trissyllabe de théologie. JX'aillcurs /aucun flainbeau n'y découvre les ccueils , aueune boussole n*y conduit au port. Xes (eùis guides font hasard et la routine •aveugle. Ilfemble que nos éléments de lecture nient été faits dans l'intentidn qu'on ne pût jamais appVéfîçire à lire. Un fyllabaire tel que je le conçois ne feroit pas. indigne de la phi- losophie elle-même ; la philosophie embrasse tout 4^ns fon vaste ressort. Ce travail', à la vérité , feroit peu brillant j mais la gloire du

ïkge est dans l'utilité (r).

, . . * •' *,^ . '

(f ) 'Pavoif écrit cette note , lorfqu'un maître

: ccrivain de Lyon, diitingué dans fon art , M. A^O£i ,

m'a communiqué un ma«u$crît qui, ip'a paru rempli*

parfaitement mei vucf. Cei éléments de lecture foiil

sctucllement fous presse.

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L

ES V

veté et

est bref

La p

de la q

iti ■■

'p-cr.éral Jodie c (juelqui tbograj tièrc , . vrage.

Les > nissent IV et 11 que noi

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L en

Gomme dans bi père ,

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F R A N Ç O 1 s H.

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ARTIGLE PREMIER, ,

. ' Pes . Vçy elles.

1-/ES vdyellcs font ûiscé^ptiblcs de briC' veté et d'alongcment ; c'est ainfi que a' escbref dans ^i/'t"', et o \of\g\àin% rose. \ La partie de la Grammaire qui traite de la quantité des fyllabeS est presque Vcnéralcmcnt ignorée. Cependant la, Pro- lodie est le flambeau de la lecture , et quelques-uns de ics rayons édlairent l'or-^ thographeinenie. Voyez, fur cette ma- tière , le quatrième chapitre de cet ou- vrage,

- Les voyelles^', /, o , u np nous four- nissent aucune observation {particulière ; Ve et Ij présentent quelqu?es diflicultés que nous allons lever. -5

i-

v - .♦ L»«t-r

§. I.

1 L en est de trois fortes : IV muet, Gomme dans Flore (i), IV fermé , comme dans bonté (2) , Ve ouvçrt, comme dans père , proct's (^^w

A j- .-

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6 l' O R T H O G R A P H E

L t' muet ne ^rend aucun accent, \t « formé prend Taccent aigu ( 0 > ^'^ ^^^ vci-t Ic^marque He Taecent grave ('). , fil est cependant mille occasions les rj fonores ne s'accentuent point , comnie dans aîmer-y respect , pressentir. Voici > à ce tujet , une règle neuve et sûrç qui apprendra , dans un instant , ce qu'on n'apprend communément que par uiï ''iorfg usage.

** Toutes les fois que Tt? fonore ter- ' mine une fyllabe, il exige l'accent qui ^^ lui est propre ; raccént aigu, fi 1'^ est fermé (4); l'accent grave, fi 1'^ est yj ouvert : aménité ^ intègre.

. YJe fonore ne prend aucun accent , lorsque la fyllabe est; terminée par une ,,, lettre autre que j final. Exemples : ^i prestige , perfection y fuccès , Jhldats yydrmés,

Quelques monosyllabes , tels que mes , tes yfes ctc, rentrent dans la rè- ?> gle générale , et , quoique termiaés yy par j- ^nc prennent point' d'accent „. Observez que , lorsqu'une consonne est redoublée , comme dans erreur, enne- jni y les deux consonnes ne font jamais censées dans la même fyllabe , foir que la prononciation les fépare , foit quelle paroisse n'en articuler qu'une; Dans Içs

•v

deux I avoir : Xe fonc dans r , Ecri exempi ne tefi prçinic commi Rempli

Voil de Tac rappoi

Ile me cil prcssic longu( âge y l mots, fois or

11 r lire qi] orthoî rctran . Un. vue e longe: pour (

feroii jours ;

'%,

p K A N Ç O I S E. 7

deux mots cités , c'est comme s'il y avoit : er-reur , en^^^ini ; voilà pourquoi IV Ibnore ne s'accentue m dans fun ni

dans l'autre.

Ecrivez aussi fans accent- Alexandre , exemple ; parce qu'en cft'et / Ve lonorc ne termine pas la fyllabe, mais c dans le premier mpt , et ^ dans le fécond. C csi: comme s'il y avwt : Alec - sandre ,eg'

^empie» . . <

VoiU/àpea près, toute la doctrms de ^accent aigu et de l'accent grave , par rapport aux ^ fonores. .

Il est un troisième accent qu'on nom- me circonflexe C )•- H désigne la fup- prcssion d'une lettre dans une fyllabe longue. Mettez un accent circonflexe fur âge , bêler et trône ,• parce que dans ces mots, a /^ et (? font longs, et qu'autre- , fois on ëcviw€)ïtaage,y heikr , trosne,

. 11 ne feroit peut-être pas inutile de lire quelque livre éç^m j^^ l'ancienne orthograplîe , pour bïln apprendre les retranchements qu'a fairç la nouvelle.

- Une eho'se qu,'on ne doit pas perdre de vue est qu'il faut le concours de l'a- longement et de la fuppression (5) , pour que l'accfent circonflcxeait lieu. Ce î'eroii une faute d'écdrc/a plupart , tou- joursy^j^^ïce qu'il y a fuppression fans

-j)

^

8 . l' O R T H o G R A P rr K

alongcment , tomme d'écrire ame y nu-* r.ve , parce qu'il y a alongcment fans iiTPprcssion.

' ^'^ ' * - ..

,/ ' ^ , . '

(î) LV muet comme dans Flore. XJe muet ne fe trouve jamais clans les deux dernières fylla- bes d'un mot. Aussi, quoique le foit muet dans peser, mener ^ appeler, il devienr fonore dans il pèse , il mène, il appelle. Par (a même raifon , qutjiqu*on à\{G yaime , je chante , nous disons ûLnié-ije ? chanté- je ? que quelques-uns ëcri^ vent mal a propos par ai ^ & qu'il faudroit" écrire par è ouvert, comme la prononciation l'indique.

Quelques personnes ont fournis cette règle à des exceptions. Ils veulent , par exemple , qu'on prononce Ve pénultième de cachèu , ve- iianc de crheter, comme un véritable e muet ; à peu près ainsi : je cachte ma lettre. L'académie , a fiappéd'anathème cette bizarrerie, destruc- tive du principe le plus éteijdu de notre langue.

Mais cet e , forcé d'être (ohore , quel accent exige- t-il ? Jadis on le marq(uoit d'un accenp aigu : père , lumière ; c'étoit uive fermé. En- fuitc on fupprima l'accent , que l'on crut inu- tile. On ne peut , disoit-on , le prononcer

xnuer. Cela est' vrai ; mais on po.uvoit

le prononcer ouvert, et c'est ce qui «s t arrivé. Aujourd'hui Ve pénultième d'un mot dont la dernière fyllabe est muett^ a une prononciation ouverte^; et , pour qu'il n^y ait point d'erreur , marquez-le d'un accent grave. I/usage de l'académie n'excepte que les mots ? Il ô>e : facrilége , piège , etc. qui même , fi Ton ronsuhe bien l'oreille, me paroissent ne devoir pas Ocre exceptés.

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F R À M Ç O I

Je vais pluslmii; jé^ pense qu'.excçpté Vt tnuet pur , tel qu*il esi{dans armée , toute fyl- labe à e muet rend ouvert IV fonore de la fyllabe précédente, et qu'il faut écrire et pro- * TiOViQ^v àern'ùrement CQWiWyç, dernière, enlèvement comme enlève , médecin comme me de, Substi- .tuez fermé , la prononciati9,n fera gênée. L'e muet descend d'un femi-ton , voilà pourquoi Ve fonore doit monter d'un femi-ton , a fon tour* C'eft une compensation qui produit la variété par l'équipollence , et qui rçnd la pro- nonciation plus agréable en la rendant plus aisée. L'académie a adopté en partie ce prin- <^ipe ; peut-être un jour lui donnera-t-ellë toute retendue qu'il doit avoir. En attendant, i?r jns avec fobriété et discernement de cette manière d'accentuer , et gardons-nous de prononcer avant le jugement du tribunal fuprême.

Une îcgle peu connue , et qui mérite de l'être , est qu'après T^ muet on ne doit point redoubler la consonne. Ainsi, quoiqu^on écrive par deux t, je jette , Ve est fonore , on écrit par un feul vousjeten Ve est muet. Les offre une exception ; malgré Ve muet , on écjit ressource^ ressentir^ &c. A cela près , tout ' «*fuivi, értayé d'upe consonne, aune valeur pleine , et l'auteur du dictionnaire de Poitiers a tort d'écrire appellerp^râeux l. —Mais appeller dérive du mot latin appellare , qui s'écrit par deux /. Je réponds que les deux / fe font fentir en latin' , qu'un feul fonne en fran-X çois , et que notre langue , malgré fon respect pour les anciennes , ose fouvent Jés oublier , quand l'étymologie mettroit la prononciation en contradi^tion avec l'orthograpHc. Le prin- cipe que j'avance a pour autorité l'usage -cons- tant de J'académie. :^

^

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•c i

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J^

I b L' O R XH Ô G K A P H Ë ^

(i) L^e firme , comme 'dans home, L'acadcmie prononce avec IV fermé désir, désirer, désert y mais , depuis- rédition de Ton dictionnaire , jCusàgelepIus fuivi est pour d_esir,desircr, désert y avet IV muer.

(^3 ) LV ouvert^ comme dans père , procès/ Je distingue deux fortes dV ouvert ; IV ouvert bref, comme dans modèle y prophète ;. et IV ouvert long , comme dans ^èle. , fucvès. L'ac- centuation les confond, mais la prosodie donne des rè^gles fûres pour les distinguer.

(4) L'accent aigu , fi le est firme. Qu'il me foit permis de relever ici une erreur de Mr. Restaut. « On met , dit-il, l'accent aigu fur » tous les e fermés , fbit au commenceçient , J> foit au milieu , foit à la fin àes mdts».

On vt^t qu'il ne met aucune diirérer^ce entre IV ferme qui termine la fyllabe^ et Ve ferriié qui ne la termine pas : on met V accent aigu fur tous Us Q firmes. D'après ce principe , il fau- droit marquer d'un accent aigu cîef^ pic<^y de- nier ^ aimer ^ certainement IV e^t fermé , et certainement il ne faut point d'accent. Ce grammairien' présente un fil qui laisse dahs le labyrinthe. " ^__ --^

( 5 ) Il faut le coneours^ de Valongement^t de la fuppressiofLjy Après^ cette règle , qui est dans les prixicipéjTde l'académie , on est furpris^de -voir d^hs Ton dictionnaire un accent circon- flexe fur le mot grâce , certainemetit il n'y a point de fuppression.

On ne peut écrire avec un accent circonflexe hôtel j participe de devoir, crû participe de Croître y fans dérogera l'institution de ce flgner^*^:. Cette orthographe peut induire en erreur , et faire prononcer longues des fyllabes brèves.

f

1

'\

F R AN Ç O 1

5 E.

II

%'■"

C'est une enseigne fausse , et le faux n'est bon

* ^z^ri certain, et mdr, qui est en maturité, doivent conserver i:accfent circonflexe , non pour are vainement^dist'i.igués de îcups homû-

-^nymes/urpréiDôsition et mwr muraille, ihlefont . assez par leïens-, mais parce qu'il y a rupprés- «ion etalopgement. Noé pères é/nyoîcnt cela estfeur : ce fruit est meur. Pouj ce qui regarde la quanmé , M. Douchet croit» l'w bref. Mais il me fcmbleque l'on s'arrête .plus long-te'nips fur Vu dans ces phrafes,: t^/j est sûr ; ce fruit eu. mûr , que dans celles-ci : je vous crois fur , iotre parple ; c'est un mur de féparation.

Jadis on marquoit vue , conçue etc. 4 un accent circonflexe et d'un tréma: t'inutihté du, tréma, ^ns cette circonstance , ^^t générale- ment reconnue.Voyez ce que j'en dis'au ch. UI. ^11 n'eri est pas de même de racccrit circonflexe; . plusieurs personnes l'y conservent , par la rai- fon , fans doute , qu'il y a fùppressipn et alort- cement. On écrivoit éncor dans \q siècle der- nier veue\ conceue ttc, mais comme la voyelle ^ qui précède IV muetfinaUst toujours longue , le fignè de ralongement a paru inutile. Il vaut

donc mieux écrire avec l'académie vue, con- - eue etc. (ans accent circonflej^. Toutes les fois

que les fentiments font partagés , la simpUcitt .' doit faire incliner la balance..

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Il f^/ L*OrT\HOGRAPHE \

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§11.

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r.

\Js ne doit empl<>y€rlj' que lorsqu'il tient ta placef de deux^/. D'après cette rè^c y éLïiwèz i?nroyet%xj' envçie , joyaux

' ety'o/t'. , ' ^ ,

' il faut excepter les mots dérivés du grec , comme physique , nyfitpfie y Cvi r/fi'Vc'j 'et quelques raors piarcment fran- çois , ^où l'usagé Ta conservé , comme

^ yeux y yeufe QX^ pronom.

Respectez encore Jj/ dans les noms jvropres. . - :[

C'est une (ixxXQ bien ordinaire d'écrire Myeux, payen ■; elle est causée par ^ignt^- rance du véritable usage de IV. Cette lettre représenté deux /. Il faudroit donc' ^ épcler qi-ieuXfpai-iên-;ce qui féroit é-ieux, yp^é-icn ^ écrivez aïeux. , païen. ; jP^)ii^/z preiid un y , ^t, s'ipelle ainsi :pfii'i'San,^ C'ési un trissyllabe. Pejan est la prononciation de raffèterie ou de Ti-

gnorance-

/ t

>\

jf '-'^

r-

' t.

y s

m

Il est.p^ rOrthogxs ticulièce.- ne rien dit ne ri^n on

nir y Jubsi L'incxpcr: trompée

V -^

"^' ■•• .,

F k i^. N Ç O I SE.

%:

ART I G L-E .1 I. ,

' ' :-■ \ '. Des Consonnes* . '-.

Il est p,eu de consonnes fur lesquelles rOrthogxaphe ne porte une attentipn.par- ticulièl•e.^ Nous tâcherons pourtant de ne rien dire dinutile , comme aussi de ne ri^n omettre d'essentiel. :

X ,

§. I.

JB.

"EcRIVEZ.par J , abcès ', obstacle , obte- nir , fubsîance , Jubsùtuer , Jlibterflige^ L'inexpérience écrit ces mots par p , trompée par la prononciation. ^ -^

}

À

V -^

l

y -9

V-

V

/ .

/■■

14

l'Orthôgraphi

. $., 1 1. ' ••

Ct^TJE lettre s'ccric et ne fe prononce

pas dans les mots fuivants :

. ) ' '

almanach , cotignac , - estomac , tabac , ; ' r ■; . ^y .-' ,

lacs Je fcûe , ^ , marc ^fW (i), \ .

bfoc de vin. '

-..''-■. ." ■■■' .

Elle a presque le fon de g dans

^ cicogne, ^

Claude , Claudine ,V . nécromancie 9 :

, . J ' fécond , , ' ,.

, : . jecret,& dan 5 leurs dérivés, (â)

( I) M<irc iV. On prononce le c dans Marc , nom ct'hpmme. ' % *

(i,J C et A fe rapprochent quelquefois , et la prononciation de ces deux Jettres réunies * ^'jest pas toujours la même. Tantôt cA est doiix, comme dar»s chercher , cheminée^ et dans tous 'Ntsmgts purement franÇoià. Tantôt il estfcrme, tommô dans Cherspnnèse , Melchior, Mclclii" is*deG,ycatéchîimènè , et dans la plupart àes mots

> \

•s*

iWf©

étrangers. Le^ fi douce. " •> f . «

Achéron pilérubin , ' E-^echias ,- Ezéchlcl , '

On pron1)nce

patriarche Qt patri En général , cl des diificulteV cju longue expérier un moyen qui le! de fubstituèr k a lltion esc ferme ,, fcoJoyiosor, .Mais 1

I ' à la mairi ,£c ret étranger , ne me ^ tune. J'ose h mo ^ on pourroir ccrij n^irc , et le ch ( cette manière : c- ni difficulté d'ex

-lettre. Le/; recou l'a rpi rat ion : on é Au reste, ee n'esi

', établir ; c*est ur hasardée fans'préi cp fait dl^orthogr fanctionde Tacad

^ rlsiiièmcut la pu

*■

■fif

t

K A

(étrangers. LcsT fuivants oiu la piononçiaiion douce. " •> " .

"'^

Aché con y phérubin ,

ih ' U- ^

Ezéchljl ,

- '.t'

I

î"

Janchim,/*- *> M.frdiclicc/ Psyché^- Zadiee ,

On prortonce archevêque qC atkié/istcpctt » patriarche Qtpatriarkat y Mièhel Qi Mtkel-j^n^e..

Kn général , ^^ présente aux jeunes Itctcurs des diificulteV qui rfe font levées que par ui.c longue expérience. L*abbé Gixaid propose un moyeii qui les feroit disparoître ; c-e feroit de fubstiiuèr k a c.^ cjans les mots Tarticu- lationesc ferme ,,et d'écrire ^iromanc/c , Nûju^ fèoJohosar. Mais la lettre Jt, difficile à exécuter à la mairi , v&: rebutante par je ne fais quel air étranger , ne me paroît pas devoir faire for- tune. J'ose h ti^on tour indiquer un moyen : on pourroir écrire, le ch doux avec un à ordi- niîirc , et ie ch dur avec un /; recourbé , en cette manière : cherté ^ Cbersonnèsé. Il 'n'y a ni difficulté d'exécution, ni -Changement de lettre. Le /; recourbé fcrviroit encor a désigner rafpiration : on éçriro'n la haine , les, héros Sec» Au reste, ee n'est pas un fystèine que je veuille établir ; c*est une idée conçue fans dessein , hasardée fans'prétention. La meilleure opinion, cp fait ({'orthographe , n'a de force que par la fanction de l'académie françoisie , en qui iréside rlc;:nèmcat la puissarice législative.

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"^S.

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à

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L* O R T O G R A P H 1

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N

V

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zif=if==t=af^

f I IL

\J OIT ON écrire -pïei pu p/V ? Comme U est des occasions à fe prononce ( i) , pi paroît plus naturel de ie conserver.

Ecrivez hU fans _Nuf crw, que les dérivés nudité, cru^ due , faisoient écrire par d , ont perdu cette lettre , à. cause d'une dérivation plus rapprochée , nu, nue J. clu , crue : un pied nu , une jambe nue ; du fruit cru, de la viande crue. * .

Il en est de même du mot ver^. Son *^dérivé verte lui appartient plus essentiel- lement'que verdure ; aussi le ^r «doit -il toujours être préféré (2). .

( ï ) Comme U- est des occasions oh à ft pro* nonce. Lorsque pieà demande tin complément prompt , </ (e prononce , et â le fon oe ^^<ïn, dit de pié-i-en-'cap , pié-t'à-urre etc. excité pied-^à'pied , qui n'est pittoresque que par» Ja, ndn-lialson. Pié-t-à-pUa feroil uqp prononcïà- ^^ion trop rapide pour un mot qui exprime la lenteur. .

( a ) AussiU t doit-il toujours êtrt préféré* Le^ Tavarit prote'de Ppitiers n*est pas de ce fenti- ment. « Il me femble , dir-il , «Jl4*on ne doit i> écrire vtrd avec un y , que lorsque ce^mot

X-

(J

désigne de la avec un r,^ du latin virtui D'après ce rameau verd , M. Leroi est 1 garde : dans U Toute la diffé et Tautre au fi est vigourèii; gourêux V çV. •qui fe porte

Cruda de

V

L'analogie a p

Se

Retra|sîc

dont le féirii

primé erîco^

Clejlt Ci

(I) P est I note dansj&r^

Quoique/] et nerf y il ne des a us , des ^ On dit enc personnes , ui embarrasseroi

'^.

b

(f

F R A N Ç O .1 S ï. \ Ï7v

"désigne de la verdeur ou de la verdure ; et vert aveç'un r,^e lorsqu'il tire fon étymoIogiV du latin virtus , qui signifie de V vigueur."

D'après ce principe , il faudrait écrire :^rï rameau verd ^ un homme vert. La distinction de* M. Leroi est fpécieùse ; mais qu*on y prenne garde: dans les deux fens, c'est If même mot, Touteha différence est que l'un est au fimplè , et l'autre au figure. Un rameau d'un vert foncé est vigoureux , et Ton ''a dit- d'un homme vi- goureux V cVjr un homme v^rr; d'un vieillard qui fe porte bien : il a une verte viùllcsst;

Cruda deo viridisque fenectus, ViRG. L'analogie a produit la métaphore.

V

S- I V.

- . •'

" .'- . '••■. ^^ .-V •^ '" ^ s: _

RetrAI^CHEZ ie ^du mot apprenti , dont le féminin éat apprentie. On fup- primé encore dans bail/i.s0

Cleflt conserve. ( i } * ^^

(I) jF* est nul dans c^r/, cerf-vôlant y et^o* nore dansj^rf , efclave. #

Quoique/fe pronance dans bauf^ ceuf^ nei/^ et nerf y il ne fon ne point au pluriel : des tœusf éiGS aus , Aqs habits neus ^ dts n4rs qg4icés,. \ ^ On dit encore du bau falé^ un au dur , neu personnes 9 un ner de 5crz//! L'artkulatian de/' embarrasseroit la lectHre,

\.

\

sf

iJ

0

\

•i8

i'Orthographb

CJ N écrit gangrène.j et Ton prononce à pe^ près cangrène Q i ).

l^îjtir ^oucir le^ devant a y o , u , on intei^pbfe un e absolument nul : écrivez il mangea , geôlier^ gageure , et pronon- cez il manja fjolier , gajure* ( ^ )

( I ) Ménage vouloit qu'on écrivît ce mot par c , conformément à la prononciation. Il vouloit aussi qu'on fubstituât le ^ au c dans fécond et ftcret ^ mais Tétymologie a prévalu.

(2> V ne fonne pbint dans legs. Nul dans faubourg , il approche du Ton de k dans ^oi/rg*

Ga a le Ton ferme dans gnome , Gnostique , P rogné y 6c le Ton mouillé dans agnus, incognito* Ces deiix mots latins , en passant dans notre langue , ont f^bi la loi de notre prononciation. . Dans agneau , Jigner y assigner ^gnifier etc. g est-il nul ou fonore ? Les fentiments diffé- rent , et l'académie , qui le déclare nul dans Jigmet d'un livre, fe tatt fur les autres mots» Ce filence me paroft devoir être interprété eh faveur de la prononciation de cette lettre.

On écrit oignon , et l^on prononce ognon, Vi

^e fert qo}\ n^ouiller le mi. C'est pourla même

^aifôn qu'on écrivoit jadis, gaigner^ montaigne;

mais on a fupprimé Yi dans ces mots, de peur

qu'on ne les prononçât comme châtaigne ; cif

châiàgnc QU une prû'nonciatioû vicieufe»

1

C devar ^ donner, de voyelle u^ Quelque er dans Guife ne fe pron dans anpt/ii EUeJoni leurs dérivt

Il ep'esi comme da nul , comi

Toutes pire , la | graphe. >! recourir à- mots qui retenir.

Voici , négligé 1' plus usité

Ha! hâbleur , hache , hachis , h-agard ^ haie ,

N.

^

/ .

i

1F R:A N Ç O I S f I l^

C devant X aurait un fon deux. Pour lui ^ donner.de fermeté , on le fait fuivre de la voyelle w, qui tantôt nulle, tantôt fonpre, jette ouelque embarras dans la lecture: Articulétî dans Guije , nom propre , et dans aiguille , elle ne Te proponce pas dans guifc , inanière , ni dzns MnffUille* *

" Elle^îonne dins aigu i fer f aiguillon , et dans leurs dérivés. ...

H.

Il ep* est Je deux fortes : Tun aspiré ; comme d^.ns la haine , le- héros ; Tautrc nul , comme dans F homme , F honneur.

"Toutes les fois que cette lettre s'as- pire, la prononciation indique Tortho- graphe. Mais lorsqu'elle est nulle, il faut recourir à- l'usage, observer avec foin les mots qui radôptènt , et tâcher de ks retenir. * \

Voici , en faveur, de ceux dont on a négligé roreille , une liste des mots ks plus usités h est a/piré.

Ha ! haillon , ,

hâbleur, haine, ^

hache , haire ,

hachis , haie ,

hagard, haleter, «

haie, / halle

^

i^

Ë^

'■'•«0'.

im l'ÔR THO

haMçbîrdei . halte^,

Hambourg ,

hameau ,

biinchc ^

hanneton ,

hanter y '"

happer,

haqùeriée , harangue ,

harasL,

harasser , ^

liarceler ,

hardes ,

hardi ,

hareng y

hargneux ,

haricot ,

haridelle ,

harnois (l)* > ^

harà, .

harpe \.

harpie ,

haiôon ,

hart , fous^pcint la kart. : hasard (i) ,

hâte ,

hausse-col >

haut , * hautbois >

tiaute-coiure y

hâve ,

havre,

havre-fac,

hem !

de

GRAPHE

hennir (3) r

Henri (4) ,

héraut . hère , '

hérisser , , ,

hérissgn ,

hernie,

héros ( 5 ) ,

herse ,

hêtre,

heurter ,

hibou , -

h'ic ^ c'ejî'là le hic ,

hideux , ^

hie,

hiérarchie ,

hobereau ,

hoc , cela rtCcsi hoc»

hoche ,

hocher,

hochet , #

holà, ^

Hollande (6),

hçngre , cheval kon^ gre,

Hongrie ,

honni , honni foit qui maly pcttfe.

honte ,

hoquet ,

hoquëton)

horde ,j ^

horion ,

hormis , hors , .: hotte, -

houe ,

boulet

houpp

houpp

houri

houfpi

h ouïs f

houfsi

houx

boyau

On é (8)

asile,

(^ H

(4) H

fation.

excepté l'héroïne dans hér de rbist( (6)H toile d'H faute de une loi 1 Danspoi

(7) «

trots fe V(8) J

enhamae "^dans exh l Dans

^

houe , houlette , houppe , Jhouppelande , houri , houfbiller , houise , houfsine , houx , hoyau 9

1

François b.

huée ,

II

huguenot f huit , >

^^?{ » . hure\,

hurler *,

hufsa^d \y) y

hutte

HùtinA Louis

Hutii

te

On écrit maintenant erm'itë , \ermimge* (8)

(l)Hûmois, On prononce harnais.

(i) Hasard et asile , mieux que f^iard et usile. _ . \

(3^ Hennir. On prononce AanniV., -" ^-

(4) /fe/in n*aspire point A dans la conver- fation.

{iy Héros. H s'aspire dans tou« les^ dérivés, excepté dans ceux ùe héros, Ofi dit, Vhéroïfme , l'héroïne , Vhéroique valeur. Si h étoit nul dans héros , on pourroit confondre les héros de rhistoire avec les '{^ro en chiffre,.

( 6) Hollande, Hongrie. On dit familièreipent toile d'Hollande , eau 4e la reine d'Hongrie. Une faute de lingères et.de marchand^ est devenue une loi qi\'ont fubie les puristes eux-mêmes, Dznspoint^de Ho/i|fn>, on conserve Taspiration.

(7) Hussard , houssard ^ housard^ tous les

trow fe disent. /(8) Hs'aipire dans chat-huant , enhardir ^

enhamaeher , yàheurter , rehausser* Il est nul •^dans exhausser. l Dans les mois A n'est point aspiré , et

1 '.^

^ »■

\

<

il, l'Or TMOÔR APHl

n*est ordinairement qu'un signe étymplogique, donc les Italiens ont débarrassé leur ortnpgra- phe. Nous écrivons humain à cause à'kumanus. Les Italiens écrivent umano ; ils ont préféré le plaisir d*ôter une difficulté k rhopneur de pa- roi (re fa.v an ts. " ,

Quelquefois nous mettons h nul , même contre Pétymologie ; c'est ainsi que à'ostium,y oUum y pstrca t nous avons fait huis ^ huile ^ huître» Je croirois que ces mots onx admis ce A fans valeur, dans le temps que la lettre u représentoit k la fois^une voyelle et une con- sonne , de forte qu'on auroit pu confondre i//y avec une vis , uile avec vile , et uitre avec viar, L'afFoiblissemeni du règne de Tétymo- logie femble nous annoncer l'abolition de h dans tous les ikiotà il ne fonne pas. J'ose jnéme penser qu'un jour Tacadémie rejettera de notre orthographe toutes les lettres pure- ment oiseuses , con^me dans un festin consacré au plaisir , Théte intelligent prend foin d'écar- ter les parasites et les ncheux^

mr^

i. V II.

- ; s "

■■, :'^ ■• ^- '.

Autrefois on écfivoit avec le même

caractère juste et impie. L*introduCtion de cette consonne dans notre alphabet, ainsi que celle db v, lui a fait faire un pas TCrs perfection.

C

ETT

que po gués d notre. J

holvît i dont le

dés yev Écrr

p

LU

des

mie fe

s'eft k

immôr

immor

pluriei

' Sao

qu'il f

On

mais ;

je

«f

F.R A N Ç O I SI,

M

<=*=*=<

J. VIIL

Cette lettre n'est dans notre alphabet que pour les mots qui passent des lan- gues du Nord et de rOricnt dans la notre. Kan des Tartares , Leipsick^ Stock- holm, Brecknochy et une inhnité d'autres dont les gazettes effraient la dclicatesse dés yeux françois. Ecrivez JÇyrze//t?.

§. IX.

L. (i) .

J; lURiEZ ctplurieront eu tour à touf des défenseurs ; mais Tusagc. et l'acadé- mie fe font déclarés pour p/wr/V/, d'où s'eft formé plurielle , comine de crueh, immortel , jbljnneKe font formés cruelle y immortelle, folennellt. On dit 'le nombre pluriel , la terminaifon plurielle»

Saoul retranche a, et conferve l, quoi- qu'il (bit nul. *

On n'écrit "plu s/ w/fjG/, deux fols ; mais m fou , deux fou:;. Mol n'est plus

•*'

y

' :v*

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' 1

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s

.y

14/ l!0 RTH©i«R APKB

usité ; on çcrït mou. Fol retient /feule- ment devant Ion fuj^stantif, lorfque celui- \ ci commence par une vdyelle : un fol \ amour ; partout 'aillçurs écrivez et pro- noncez Vow ; c'cft un fou , U nombre des ifous est injim, ,

, L dans col^z cédé fa place à Vu ; orï ■écrit maintenant cou. M. Barthe , de Maj^ille ^ 4*ins fa jolie egipre fur le cou , adressée à une jeune provençale, lui du : ^

\ Ah \ le vôtre , fans le flatter , "N'a pas besoin , pour enchanter , J)e diamants , de pierreries ; v x* A d'autres je ferois porter ^

Ces bagatelles fi chéries ; *"

J'aimerois mieux vous les ôter. ^ pui , votre cai/ que j'idolâtre , '^ Me poursuit par-tout dans Paris j Je le prouve , même au théâtre , tant de cùus, font réunis. On en volt de tout pays., £t de tout rang , et de tout âge ; \.. Ctfu voilé de prude fauvage , Cou de coquette bien paré « Cqu de marquise pétillante ,. , ^

/'Cmi de financière brillante , •' Coi/ d'aictriçe peu révéré , " / ,

-Coi/ penché d'aimable indolente ,. ' Çou rengorgé de présidente , Coi/ déjeune épouse adoré I '^Toiîs ces cous , ipe dis-je à moi-méme> .Ne valent pas celui que j'aime., etc^

\

Vs

. Vn c

dans b

Oh i

toilette rabat , i Une. Or étroit c 'Periuis

La F

On 1

En un V2

r

La p

des circ( N'envioi lèges qi fource c L'aca livés eu cu'levé primen

O) L.

chenil , co L est en mais il e< On le me au pluriel

Mou

(i>Le de plusiei M^ de V

9

t

i

4^ R A N Ç_0 I s B/ If

Un col court , un col *tars font reçus dans le langage ordinaire.

Gh écrit par / Ibnore Ci?/ , terme de toilette: k col d'une themise f le col d'un rabat , un col de pasin, un col de mousse- line. On dit aussi col fignifiant passage étroit entre deux niontagnes : le cor de 'Permis, '

La Fontaine a dit :

On férvit, pour Tembarrasser , En un vase à long coh, et d^étroite embou- chure.

La prose eût exige cou^; vciddi il est des circonstances la poésie aie choix. N'envions pas à ççlle-ci Quelques privi- lèges qut'font mofîns une licence qu'une fource de plaisir pouî* Toreille.^

L'académie écrit ci//, à cause des de- fivés Culotta ,- culbute etc. elle excepte cu-kvéy cu'bas. Bien des auteurs fup- pirimeot toujours cette lettre C ^ )•

\fl) £. Cette lettre ne fonnç pas dans baril ^ chenil , com^ , fénil , fusil , gril , outil , Jourcil, L est encore nuL dans gentil fignifiant yo/// mais il est mouillé dans ir^nri/ fignifiant pu iV/i. On le mouille aussi dans gentilhomme , mais , au pluriel , prononcez gentijpmmes,^

Mouillez les deux / dans Sully ^ (a.y Le mot cul entre dans la composition de plusieurs mots , et vfoici ce qu'en pensé* M;^; de Voltaire. ^

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II

X(y Jl'O R T H O aR A>HB

« Un répétera ici cequ'oh a déjà di;t ailleurs, et ce qu'il faut répéter toujours , jusqu';.u teipps les François fe feront corrigés; è*esj qu'il est indigne d'une langue ausâ^ polie et aussi universelle que la leur d'em- >i ployer un mot déshonnéte et ridicule , pour lignifier des choses communes qu'on pour- ff roit exprime;r autrement , fans le movpdre

M embarras. v

'. ^ . '

" Pourquoi nomméf ci// d*âne et cul de che^ i> valets orties de mer ? Pourquoi donner le 91 nom de eul blanc ï Tenante et de cul rouge à i> réjpeiche? Cette épeiche est une espèce de >> pivert ,. et Tenante une espèce de moineau » cendré. Il y a un oiseau qu'on nomme fétU" n en-cul OM paille- enrcuL On àvoit cent maniè- res deie désigner, d'une expression plus " pré«p^. K'est-il pas itnpertinent d'appeler i> cul de vaisseau le fondme la poupe ?

» Plusieiirs auteurs nomment encore à-cul 9> un 1>etit mouillage « un ancrage 9 une^rève, »> un fable, uhe aUse lés barques (e met- >i tent 4 l'abri d^ corsaires. Il y a un petit ly à'çul à Palo I comme à S te. Marintie* CVoy ag, 7^ d'Italie. "J ^

" On fe fert continuellement du motxulde ,^y lampeWipo)it exprimer un fleuron , un p^tic }> cartûuoke , unpendantir, un éncorbeIle« V ment , une base de pyi'amide , un placard ^ 9' une vignette. Un graveur fe fert imaginé n que cet ornement ressemble \ la base d^ine » lampe ; ilTaura nommé cul de lampe, pour 9> avoir plutôt fait ; et les acheteurs auront »> répété ce mot après lui. C'est ainsi que les ' » langues fe forment ; ce font les artisans qui » ont nomiuéjeuis ouvrages et leurs instru- if menis.

f

M)

Or

plan orrh(

■<»

t'H hthograpmb

*

--»

1-

F R A

N

Ç P 1 S E.

47

Certainement il n'y a voit nulle nécessite n de donner le nom de cul de four aux voûtes rphëric^ues , d'autant plus que ces vôutes n n'ont rien celle d'un four, qui est tou-

V jours furbaissée.

» Le fond d'un artichaut est formé et creuse 3t en ligne courbe 9 et le nom de cul ne lui f> convient en aucune manière. Le» chevaux » ont quelquefois une taqhe verdâtre dansr les 7f yeux , on l'appelle cul de verre. Une autre 99 maladie des chevaux , qui est une espèce >' d'érysipèle « est appelée le cul de poule. Le » haut d'un chapeau est un cul de'ckapeau. Il y y^jL àts boutons à compartiments qu'on ap- >y peWe boutons à cul de di,

» Comment a>t-on pu donner le nom de èi^l »> dffac ï Vangiportus des Romains 7 Les Ita- )> liens ont pris le nom ^mpporto , pour figni- fier ftrada fen[a uscita. On lui donnoit autre- i> fois chez nous le nom à! impasse , (\\x\ est » expressif et fonore. C'est une grossièreté

V énorme que le mot de cul de fac ait pré-» Il valu.

s* Il esc triste qu'en fait de langue , comme iy en d^autres usaees plus importants , ce foit » la populace qui dirige les premiers, d'une »> nation »» .

§. x:

^ . M.

.CJn écrit damner f grammaire f foltm-' nel^ êc Ton prononce daner y gràmaire ^ folanel. Leurs ^érivés fuivent la même orthographe et la même prorfonciatioo.

. /' .C i .

J

f

f

■f' «

»

18

•a

l'O R T H OG R A P H B

§. XI.

Honneur décrit avec à^wx^n ; hona^_ rer, honorable zv te uvti^\xl,etc. L'igno- rance traité cela de Bizarrerie; niais, aux yeux de la réflexion et 4u goût, ce aen^ est pas une,. On na'pas écrire de même ce qu'on anicule différemment.

■m

-ip

>

^ \<' §. X II,

'Xemts côtifcrvc f y à cause des dérivés temporel , temporiser etc. Ptisane^ esc ixne orthographe furaiinée ; Facàdemie

écrit tisane. < .

On écm baptême , haptistère, baptiser j

.malgré la nullité de p ( 2).

(l) P. Prononcez, heaucou , tro , a moïc^ qu'il ne fuive une voyelle. En ce cas , on.dAt hcAUcoU'paimé , tro-paimt, ' (i) P fonne dans baptismal , pseaurm , psau^^ ùtr , psdlmisU'ctc,

/ :-■■ - ^ -' '- .*■

<t-j^" ' <!jgr^

Q^UANp la voyelle i quiconque Cet u n tranche Vi dans p/yzîf

(i) Etoh ter y qu fe f le fon de

aquatique Equateur équation . in*quartû quadragé

Il for^ne cqi

équestre liquéfacti à quia , qumqua^

quinquag

Mais ces

fyllabe av^(

é-eius'tre e

Vu est n

On pron

le qu\ a

iécteurs\et

V

■>^

Françoise.

^i>

4=^çï±iîr^=a(te=3(s=^!rc^^

f

^. XI I I.

v2^UANp cette lettre n*est point finale ; la voyelle u la fuit toujours. Ex : que/que, quiconque , etc. .

Cet > ne fonne pas^ et l'académie re- tranche Vil nul , à caujse de Vu efiFcctif, dans piqûre, (^i y

( I) Dans les mots que nous venons de ci- ter , qu fe prononce comme s'il y avoit k. Il f le fon de cou dans ^

aquatique, Equateur , équation , ' in*quartO , quadragénaire ,

Il for^ne cQmme €u dins

équestre , liquéfaction,,^ à quia , * quinquagénaire,.

quàdragésime , quadrature , quadrupède , quadruple , etc«

qumquennium , quintuple , quirinal , ubiquiste , etc.

quinquagèsinie.

Mais ces deux articulations ne font qu -une fyllabe av^ç la voyelle qui fuif : a-coua-tique , 'é-eius'tre ctc, , .

L7/ est nul dani ^M/J<îm.

On prononce Cuinte-Curce , & Cuintilicf^.

le qu y ainsi que le cA , présent^ aux jeunes lecteurs \et aux étrangers une dii

Ç

<

«O l'OrTHOGR A FH I

pourroit auski lever par unitïoycn bien fimpfe* Ce feroit d'exiger que Vw fût ponctué , toutes les fois que cette voyejle est fonore. ExempK

. quadrupède , quefteur. »

Ménage prétend que les anciens Romains ne prononçoient pas Vu daris qui , qua , quod , £Hum^ quîa, quatuor etc. et qu'ils dîsolem A:i, . két ^ kod , kum , kia , kaiuor. Je crois que cela n'est Vf ai que devant Vo et Vu , et que devant les autres voyelles ils le prononçoient. C'est l'o- pinlon de Freigius et de la plupart des gram- _ ^^ mairiens. * V.

RJ(Bn n'est plus plaisant que le procès ocea^ sîonné par l'articulation ^1/ , vers l'an ijjo. J^es professeurs du collège royal , jaloux de fubstituer la prononciation romaine «1 1* pro- rnonciation gothique , faisoient fentir Vu dans ^i/tfmçi/flm, jz/ijji/i*. Les docteurs de Sorbonne . prorioncoient , et vouloient qu'on prononçât * kankam\ kiskis. Un de leurs confrères , dans un discours public , s'avisa de bien parler ; foudain les docteurs s'assenublent , crient à rhérésie , et dépouillent cette victime gram- maticale des revenus de fa place. Le prêtre ^beau-diseur interjette appel au parlement de ^Paris* Professeurs, fous-maîtres, écoliers , tout le collège royal vole à l'audience. Ramus

Î>^rle , le prêtre est absous , et chacun déclaré libre de prononcer comme il voudra.

C'est fans doute ^u kankam des docteurs de Sorbonne que nous devons cette façon ^de_ parler proverbiale , faire un q^anquam ^ faffê^ lin grand quanquam de quelque chose , pour dire faire beaucoup de bruit , beaucoup dlécîaj^ 4'une chose ^ui n'en vaut pas la peine.

F 1

iae_j

Le 7 final , une grande orthographisi marquer ave* Je trouve.

Les non\s d

prennent ^un ;

[;;j^ olivier , poiri

Les noms

règle : charp

quiet etc.

(i) R. Cetx et nulle dans 1 d'une voyelle f

L'académie c pendant nos p faire rimer lége dernière prono ges , et finira elle-même.

Excepté dan

:ous les mots c

\q procureu- du ;

Usent mon nom

prononcent pars

iimrricier.

Franco

I $ 1*

31

5. XI V, ;

Le 7 final , lorsqu'il est nlil, présente une grande diflîcultc pour les jeunes orthographistes. Aussi doivent - ns re~ niarquer avec fpia tous les mots il je trouve.

Les non\s d'arbres terminés en ^ fermé prennent ^un r à la fin -.abricotier fjiguier , .olivier f poirier f pommier etc.

Les noms de métier fuivcnt-da même règle : charpentier , menuisier , perru- quier etc.

(i) R. Cette lettre est fonore dans cuiller ^ et nulle dans Us infinitifs en tr ^ hors le cas d'une voyelle fubséquenie.

L'académie décjarc r fonore d2it\s léger. Ce- pendant nos poètes ne font pas difficulté de faire rimer léger avec changer , berger etc. Cette dernière prononciation a beaucoup fuffra-*" ges , et finira par avoir celui de l'académie clle-rnême.

Excepté dans monWfKr, prononcez r dans :ous les mots en ^nr. C'est une faute de dire \e procureu du nxiy mes porteu etc. Ceux qiiî Xisent mon nourrlceu en font deux : l". ils ne prononcent pas le r : 2.'^, le véritable mot eic VAurricier» ' \

G 4

t /

}1 l'Gr T H p GR A P HB

§. X Y;

E

^v(l)

CRIVEZ

diction.

içtion et non pas y«r/j"-

Faut*il écrire registre ^ enregistrer , ou regitre , enregîtrerf Ces deux manières ont chacune Iqfurs partisans.

»y précédé d'une consonne n'a pas he- soîn 'd'eire redoublé pour avoir le fpn ferme. Ecrivez persécution), quoiqu'on prononce percécution. On lui donne pour- tant le Ton de ^ dans Alsace, Balsamique, transiger , transition ; mais dans transi le s a une valeur forte.

(i) S.W Tonne daiis lorsque , puisque ^ jusque ^ espion , CAm^ Bans ce dernier , t fpnne éga- kmeot. Maig dans Jésus-Christ ^ ils font nuls l'un et Tautçe.

.J entre deux voyelles a le fon de \: chaise^ apothéose y céruse. Exceptez de cette règle mo^ nosylUhe , parasol , préséance^ , désuétude , vraisembMtnce*

kwm

"*«=tï=QP

C»ETTE

doux', ce tiel, hct rie conn ]gng usa

f

premiei:» voyelle, ils etoie fait disp

Le w angloise à moins anglois mettons ainfi qu( U , tanc on 1 ecri

Ecrivi noncez ,

-%:

F R A N Ç O I S E,

"t«:

33

§. XVI.

i^ETTE lettre a Suivent le fon d& c doux', comme dans action, partial i^éssen- tieL Le ^ est un de. ces caractères dont on ne connoît bien remploi que par un |j>ng usage.

f

§. XVII.

y.

/ r 8c u font deux caractères distincts. Le premiei:» est consonne , et le fécond, voyelle. Dans l'ancienne orthographe ils étoient confondus. Son mstitution a fait disparoître, une difficulté.

Le w , très - usité dans la langue angloise , n'est point admis dans la nôtre, à ncioins que nous n'écrivions des mots anglois ; encore le plus fouvent les fou- mettons-nous à notre orthographe. C'est ainfi que nous écrivons. A^fwran par un ti , tandis que dans la langue originale on l'écrit par w, ^

Ecrivez le fystème de 'Lûm^s ,>et pro- noncez Zûj^,: en articulant le j".

^

Il

)4

L^ Orthographe

^

>

§. XVIII. ^

JL' E Af est une lettre double , qui tantôt fe pjononce comme rj ; Alexandre ^ axe , taxe, maxi{ne,Jixe,Styx,T^^^ot comme g;[ : examen , exemple , exH , exaucer , exhurnet , exftorter.

On écrit Ai X et Ton |)rononce A:s.^ Ecrivez aussi par x Auxerre, Auxerrois , Auxone , Bruxelles ,Jbixante, et donnez à ce caractère la valeur du double jv_

On peut fupprimer le x du mot dimè. '-^ On n'écrit plus Xaîntes , Xaintonge ; mais Saintes , Saintonge,

ag&fagfea^ t>l t €r^

.$. XIX.

JLiE j dans les mots hasard y asile , a fait pface au s. Mais U a lieu dans a^ur ^ cTyme f ^iianie. - "^

V.

R

Il n'e

de plus que 1er . la diffic de les bien, l ractéris une in: redoub

neur ei

D'à]

rerie à

par un

en est

fans ei

' on apf

Obs

est trè: sonnes jours 1 qu'elle iccond

'^

F R A K Ç O I s 1

ARTICLE I IL

Redoublement des Consonnes.

XL n'est rien , au premier coup d*oeil, de plus embarrassant dans Torthographe que le redoublement des consonnes ; mais . la difficulté n'est qu'apparente : il fuffic de le« favoir bien lire, pour les écrire bien. Une simple émission de Voix ca- ractérise les consonnes simples ; il. fauc une impulsion forto pour les consonnes redoublées.

■D'après cela , il est aise de voir qu'hon^ neur exige deux h , et honorer, un feul. ;

D'après cela , il n'y a plus de bizar- rerie à écrire avec l'académie, app^/^r^ par un / , et appelle par deux. La raison en est que , dans appeler , l fe prononcé fans effort , au lieu gue , dans appelle , on appuie avec force fur cette lettre.

Observez aussi (et cette observation est très^importante ) que, dans les con- sonnes redoublées , la voix précipite tou^ jours la voyelle fur la première consonne , qu'elle effleure , pour mieux peser fur la Icconde. La voyelle n'a pas un fon pur^

tf

^6 L*0RTH0 6R APHEV

isolé: fon articulation admet la consonfie jusqu'à un certain point ; au lieu gue ïa voyelle qui précède la consonne fimple fe prononce détachée , et fans la moindre inhérence CO' '

^ ( I ) Ces délicatesses ne jpeuvent fe rendre qu'imparfaitement par écrit ; elles échapperont à la multitude. C'est aux maîtres d'Ortnogra- phe k lei faire fentir de vive voix ; c'est à eux

a former l'oreille des jeunei personires, lorsque les maîtres de lecture l'ont négligée. Les pa* ren» ne fauroient être trop délicats dans le choix qu'ils font de ceux-rci. De la {prononcia- tion de l'enfance dépené fouvent celle de toute la vie y et Tori ne fauroit croire quels obstacles on éprouve à écrire bien , lorsque l'on^rticulc inal. Les Athéniens poossoient ic fcnipule jiis-- qu'à exiger dans les noi^rrices la prononciation attique : celles de nos enfants ne parlent qu'un patois grossier. Au fortir de leurs mains , on tes livre en proie à des femmes dont l'état est réputé vil , et dont le moindre défaut est de parler mal ."Tous les jours , ils dérobent ua quart^heure à celles-ci y pour le donner à up maître de lecture qui fait , tant bien que mal , épeler quelques lettres, et qui réeriement ne fait pas lire. Mais ce maître coûte peu. Les parents aisés gagnerpient peut-^ire à examiner un peu moins ce que les tnaîtrçs coûtent , et un peu plus ce qu'ils valent.

N

01

admet

tels q

} ecriv

la lan

moloj

criroiî

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fe fo

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C(

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la cd

dérh'

causi

L^OllTHOGllAPHB

*

^

Franc o i's e.

J7

ARTICLE IV.

Consonnes nulles*

IN OUS avons une infinité de mots qui admettent des consonnes fans valeuf ; tels que ranff , Jexond f argent, etc. Si j'écrivois pour des personnes versées dans la langue des anciens Romains , Téty- mologiè iferoit la règle que je leur pres- crirois , mafgré les nombreuses excep- tions qui lui font perdre de fdh prix. Mais cet ouvrage est destine pour de jeunes françois qui ne lavent encôr au- cune langue étrangère , et je remplace r^étymologie par la dérivation*

Un mot fert quelquefois à former d'autres mots ; c'est ainsi que àtfan^ fe forment fanglant , Janguin , fàngui- naire. Celui qui fert racine s appelle primitif; les mots qu'il produit s'ap? pellent dérivés,

' Cela posé , voici lefystème de la dé- rivation. Voulez-vous favoir quelle esc la cdnsonne nulle d'un mot ? voyez lés dérivés. Par exemple, j'écris drap y a cause de drapier , draperie ; faint\ causr

/

58 l'Orthographe

fainteté / camp > à cause de carn^ jper p ctç:

Cependant la dérivation n'est pas une règle infaillible ; c'est feulctnent un moyen efficace pour faciliter l'usage, et capable de fuppléer au filence des règles. / V

I

4^

%'

y

«r.

/

F R A NÇO I SE*

•^

59

- ■%

ARÏ le LE V.

Lettres majuscules.- ^

Il est inutile de les multiplier. Le bon ufagè actuel les exclut des noms de qua- '^ Eté , tels que roi /ctmite , marquis , mon' sieur , madame ; 4cs noms de dignité ^ tels qat royauté , doyenné , canonicat ; des noms d'animaux ^ tels que /i^r^, lion; des noms d'ouvrages , tels que tragédie jj ode^Jermon , plaidoyer.

Mais il faut commencer par des m4- jus^es chaque phrase , chaque vers , tous les noms d'homme , tels que Pmre , Antoine , Cicéran, Voltaire ; tous (seux lieu , tels que V Europe , U Frakep ïk Bourgogne , Paris ; tous ceux \de >euple, tels que les Européens , Its ^rançois , les Èour guignons , les Pari- \siens ; tous^ ceux de fecte , tels que les Epicuriens , les Stoïciens, les Anabap- tistes ; tous ceux de rivièreis , de yenrs , de Tciences et d'arts ; en un mot , tous les nonis j^ropres.

Quelquefois on personnifie les êtres

moraux; et alors , ils fuivent la règle

*

>-:<:*V

/ '

4<3

L*QR T H OGR A PHS

des^^^nemf "d'homme. Envie prend une maiusciilèi dans ces ver^ de la Henriade :

gtc lafombre Envie à Vasiïl timide et iouche. Versant fur des lauriers les poisons de fa bouche.

JLt mcilïe mot s'écrit en lettres ordir naires , dès qu'il cesse d'être personnifié. U envie s* attache aux grands talents.

Lorsque les noms de peuple et

fçcce n^embrassent pas la totalité,, et

au'on die uti Jrançois , desjrançois, un

Jocinien^^desjociniens, ne mettez point

de niajus^ule.

Si la majuscule est une voyelle qu'il faudroit accentuer, l'usage fupprime l'ac- cent. Ecrivez Etienne , et dans les adresses , A Monsieur , etc. fans accent v aigu dans l'un , et fans accent grave dan^ ' l'autre: Mais ne confondez pas les ma- juscules avec les grandes lettres ; celles- ci admettent l'accent, ainsi que les lettres ordinaires, comme dans Épître. t'est avec ces caractères que s^ctivent les titres dans l'impression. Une majuscule . est celle qui furpasse , jpar fa forme , les autres caractères du mot qu'elle commence. ' '

Jaloux de faire briller la légèreté de leur plume ,. les maures ^d'écriture hé-,

. rissent

rissent Cul es i *Jbutdc certaii digue: C'est.^ fautxd

. tout C(

doucei mots ( propoi rêtproi fur de! ou bari de l'ol

T

\ .

R A 0 I S E. 41

rissent leurs^exer^ples de lettres majus- cules ; mais ne, nianquent*ils pas le grand

^utde^ artistes, ;iqui est de plaire ? Jl cs^j certain q[ue plus des, ornements i'ont pro- digués, moins ils intéressent à la longue. C'est, furtout dans les agréments guil fautxclè l'économie, et Idgout veut que.

. tout ce qui est faïllant, foit- rare. L'œil doucement promené dans une fuite (j^ mots dont toutes^ les lettres feroient en proportion égale et géorapétriqjie , s^'ar- rêt^eroit avec bien plus de complaisance fur des majuscules dessinées avec grâce ou hardiesse, et foivplaisir troîtroit encof de l'observation des règles.

=^..V

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* 4*

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l*Orth o graphe

•^

^

>ÂRTI G LE VI.

^;, ^ Syljahes. -" /

L. " > Il * ' I!

X)e la réunion des voyelles et des con- sonnes reforment les fyjilâbes.

Une fyllaW est un l'on fonné par une feule hnpulsian de la voix. Dans bonté on doi^ deux induisions à la voix : hon-té. C'est doiic un mot de 4eux fyllabes. Trois T^uatrè , cinq impulsions de voix forment trois , quatre ^ cinq fyllabes.

Oo appelle mono^llabeQi^xxn mot qui na qu'une fyllabe ; Aissyllabe y cdxxi qui en adcux ; rn.fj)'//fl4e /celui qui en a trois ; quqdrissyllabe j celui qui en a quatre , etpolyssyllabe , celui qui en a plusieurs ^ latls en ^xer le nombre.

Obsçryear qu une voyelle fans con- sonne peut former 'une fyllabe^ comme dans amour , a-mour y et que les con- soiiries nen peuvent former fans voyelle.

Lorsque, dans un niot , deux consonnes fuiyent une voyelle,' fi la féconde esc / ou r , comme dans table , écrire , les deux consonnes marchent ensemble ; rar ble , é'Cri-re. - -,

*r

1*OrTH OÔR APITH

•**

Franc OIS s.' 43

Lorsque la voyelle est fuivie de deux consonnes , lauf le cas ci-dessus , la pre- mière appartient i la fyllabe qui pré- cède ; la lèconde à celle qui fuit : ac-itur, circons'ptX'ti'On(^2').

11 est essentiel d'accoutumer les jeunes orthographistes à bien articuler les lyl- labes d'un mot , avant de le tracer. C'est pour avoir néglige de le faire qu'une dame ^ au rapport de M. l'abbé d'Olivet, écrïvoit que le jégiment d^fîon fils allpit à Seterace^oute ; elle vouloit dire à Stras- bourg. Elle mettoit fix fyllabes réel- lerhept il n'y en a que deux : Stras-hour^. Un peu d'attention fera éviter le double inconvénient d'ajouter des e nmets fu- perflus , et d'en retrancher de nécessaires. Car bien des gens , dans les provincéif leptentrionalesTurtout, ècT)}f&[iivaceîeure fouv pasteur , et J/V pour dire. ^3 )

(l) Monosyllabe, On prétend que la langue * chinoise n'a que trois cents vingt-fix n\pts , tous monosyHabes. Itapt vrai ^ue chaque rn oc a cinq figni^cations^fférientes , mdiqutcj^s par. cinq accents prosodiques; ce qui fait riçkonçer le nombre des mots réeîs à féiie cents trente. Voyez là-dessus MM. Fromant et Beamée.

(2.) A€^teùr\ cir^cons^pec-'ti'On*' favanr professeur de racole royale-militaire 4 appuyé de l'autorité de M. Harduin , fecréraîïe per- pétuel de la fociété littéraire d'Arràs , pense - ^ju'il faut dire : a-cteu-r , ci-rcon^spe-cù-Qn.^

flw

V

44 L*0RTH0 GR AP H E

Ce fystèmé d*ëpeîlation me paroîc offrir deux difficultés. i/J^

' i**. Dans a-cteu-r , et dans tout mot femblaJ bîe , la consonne finale , isolée, ne peut fe prononcer fans un fchéva fort , ou , pour xTt'ieux dire , fans un véritable e muet. Or quel

. est le jeune orthographiste qui , prononçant tf-rc/tfi/-«^ n'écrira pas de même? Le r , ainsi ^pelé, fuppose une jmpulsitjn de voix ; Tim- pulsion , une fyîlabe , et la fyllabe , une voyelle. f^

Mais , dira-t-on , fi vous épelez ac-uur , vous articulez toujours un e muet après la

- consonne.

\ Que rpn prête une oreilîe attentive , qu'on écarte tout préjugé , et Fon verra que c'est un fon^xtrémement foible , un fon presque in$efisîble , le fchéva véritable , dont 1 essence est d'être (ahs impulsion ,, et .par conséquent fans voyelle.

a°. Le nouveau fystème d'épelîation ren- verse l'ancien , l'invariable fystème de l'ac- centuation françoise. Tout e fonore Test ou par un accent, comme dans vérité \ ou par une consonne qui le foutient , comme dans exceller, Otez l'accent oif l'iopui , Tr françois^ est constamment muet. r)^ crois pas qu'il y ait un feut exemple authentique , contraire a mpA assertion.

' Vainement m'objectera-t-on que , dans un mot dont la dernière fyllabe est muette , quel- ques personnes refusent l'accent à P^ fonore de la pénultième , et qu'elles écrivent per^ , " lele. .K '

Je réponds que Facadémiç Py place , que fon autorité , celle de nos meilleurs auteurs , l'usage le plus fuivl, et l'avantage précieux

d'une rî| fur un V

Il res n'est affe sonne, c

Cela j répellati cite lui- prélude 1 ci-rcon * Mais qu Lecteur^ orthoera qui n^er génie de de nos e nonciatio ne pas aux con< privilège confond éteint le sant de 1

Mais^ , di ment la une conj que la ci est d'être porer , d voyelle

lyayid quoi qu' Coise. D l'appropr Dd-vid. ment I

V

Françoise.

iFune rJgle fans exception doivent fem^porter fur un vain gollt de néographisme.

Il reste donc pour constant que TJ n'est affecté d'un accent , ou étaye d'un( sonne^ est muet.

Cela posé , examinons Ve francois d'j répellation de M. Beauzée , dans le mot cite lui-même '.circonspection. L'enfant prélude à la lecture ou à l'orthographe dii ci'rcon ; et jusqués- ^ point de difBculi Mais qu'il poursuive : fpe , voil^ le nœù^i Lecteur ^ il prononcera muet un e fonore\ orthographiste , il notera d'un accent un qui n en adopte aucun. Sagement avare , le génie de la langue a voulu que l'orthographe de nos e fût dégagée , fans que leur pro- nonciation devînt embarrassante. Aussi, pour ne pas hérisser l'écriture de fîgnes ^ â-t-il cédé aux consonnes qui terminent les fyllabes le privilège des accents. L'épelfation nouvelle confond fes vues , répana l'incertitude , et éteint le flambeau qui éclaire le chemin glis^ sant de la lecture et de l'orthographe.

( 3 ) Pactteure pour pasteur et dir pour dirt, Mai^ , dira-t-on 9 la prononciation est absolu- ment la même ; il est impossible de nommer une consonne fans e muet, ^-a Oui bien y lors- que la consonne est feule ; mais fon essence est d*être unie à une voyelle , et de s'y incor- porer , de manière à n'exister qu'au gré de la voyelle qui'l'adopte* ,

D'ayid et avide n'ont pas le même fon final , quoi qu'en dise l'auteur de la prosodie fran- Çofse. Dans" it premier ^ i appelle d , et fe, l'approprie ; r/ ne fonne que pari et qu'avec i Dd-vid. Dano le fécond , i et d font absolu- ment détachés , et fe prononcent fdparéiv.cnr

i.-

/

àf6 l' P R T H O G R A P H 1

avec Ve inuet : d-vï-de. Ne confondez pas Ve muer avec le fchëva , et moins encor avec IV nul. Celui-ci n'a aucun fon , comme dans geôlier , gageure. Le fchëva a un fon fi foible qu'il n'exige aucune impulsion ; mais Ve muet a iinifon réel , quoiiqi^ lourd et étouffé. L'im- pulsi'on de la voix estd^absolue nécessité pour nomjtner la fy llabe qu'il fert à former , ou celle qu'il forme lui féul.

Si à^M David tt a^fiie la désinence étoit exactement là^^nême , il faudroit exclure de nds vers toutes le» rimes masculines terminées par une <;onsonne ^i fe prononce ; ou , pour mieux dire, le fystèmc^ notre versification feroit bouleverse ; espoir nnveroit avec gloire , maliûur avec demeure ; les Qùinaùlt , les Ra- cine , les Despréaux , les Voltaire^ tous nos poètes qui ont le plus consulté l'oreilléieroient pleins de fautes contre elle.

/I

»? .. ,

Ai

l

Une fyl deux ou tn ciel ^ dieu .

Il en est gue propn distingue ( lieu ; et la laquelle ui voyelles , i

Nousfi'; c'est-à-dire

T l

^sM^

. /

r .

. - y

(ï) Diphi

]

]

Cten fans e faon , ; Laon , paon y

aoriste , Saône , taon.

août fans a

vuidc » vuider , vuidanges.

paille , travailler V.erfaiUei*

/ «

4

/

F K. A N Ç O I s E.

47

A RT I CLE VIL

D'iphthongues C ^ )•

Une fyllabe oîi fe trouvent réunies deux ou trois voyelles , comme dansJ^M , ciel y dieu , fe nomme diphthongue.

Il en est de deux fortes : la diphthon- gue proprement dite , dans laquelle on distingue deux fôns , comme dans miel^ lieu ; et la diphthongue oculaire , dans laquelle un feul fon résulte de pluisieur^ voyelles , comme dans peu , août.

Nous fi'avons point de triphthongues , c'est-à-dire , de fyllabes à trois fons.

( I ) Dip&tAongi/fiyftononcex

^ten fans e : Cân, faon, : ^

Laon , > fans o rfdn , Lan , j^ru pion , J .

aoriste , ^ ,^

Saône , L fans a : ôriste , Sânif ton, taon. S

août fans a : oùty mais il fonhe dans aouté.

vuidaiiges. S "^""^ ""'^ *^"'°" ^"** maiufe.nanr.

paille , ttavaiU Verfaillef

ilkr X •" mouillant l

et ntai pait^ >

V.

V /

/

c

^'

■î;^

48 t'OUTHOGR APHl

ceîl , comme s'il y. tfolt tuil.

Euridice,^ heurtttXi V Polieuâc*^

»

avec un fon mixte , et non IJridicei

0

bo«te» \ ^ peu préi tvfc le fon d'oa. On t. V

doit écrire to/f* . coijf#, jo//e.

' - ^ - '

à peu prêt imii ivec le fon d'où : «roflr^»croarr*>eto. et non ivec ie fon de r* èovert crir#, crmê^

poëlot

croire » croître t endroit , froid , roidè, Toideur.

AutfefbU^ie itoîc dUtyllabc , et renfëF* tnoît une diphthongue. Aujourd'hui on épeJle po-'i^; po'é'si'^ , pù-é-tî^ue. La prononcia- Hoh ancienne est une fitutc dans ptôse méine* . .

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ARTICLE

%•

J'appe

voyelle c

71, t<

ou

tion reso dans inj etc. ( 2 ]

Obsen j& fe fonn de toute ordinaire

Excep

Éxcepi

thyrn^ eu

(ly laju tous ks( n a point d^ Tabbé de I tent un. A rantir qu<

S[uant au e princip Le fecréta fur le prin Il -est fa du barreài

. 4

" V

F B. A M Ç O I s f.'

4^

^

^

^

*•

ARTICLE VIII.

Son nasaL

J'APPELLE^/z nasal , ou nasale une voyelle ou une diphcho^gue fuivie de m ou n, toutes les fois que la prononcia- tion résonne un peu dans le nez ; comme dans injuste ( i ) * concombre , pain , etc. (2 )

Observez que la nasale fuivie de b oti p fe forme presque toujours par nf. Suivie de toute autre consonne , elle fe forme ordinairement par n. <

Exceptions à la première règle ry^m-- honpoint f bonbon f bonbonnière. \

Exceptions à la féconde : essmm,fatmp thym , etaim , parfum , Samscn.

(ly Injuste fe prononcje injuste ^ ainsi que cous k8( roots ^ui commencent par i/i> Il n'y a point dV nasal , félon M. Duclos. Boindin » l'abbé de Dangeau et l'abbé Fromanc en admet* tent un. Mais les deux premiers n'ont pu ga- rantir que la prononciation de leur temps. S[uant au dernier « juge très-compétent en lait e principes, il peut être récusé en fait d.'usage. Le fecrétaire de Tacadémie doit ici IVmpôrter furie principal de Vernon,

Il est faux que Vi nas^ , proscrit de la chaire, du barreau | th^atc c franjois , ait trouvé ua

y

A

'■ V

/

X

m-

)

fo l'Orthographe ^

dsile ï l'opéra. L'abbë de Boismond « M.Ger* bier , le Kain et Larrivëe prononcent , et doi- vent prononcer de mémo. La nasalité de 1'/ , dans le chant , est un reste de Tancienne pro- nonciation y qu'a confervé la province , tou- jours lente à adopter ce qui est mieux.

il) Pain, Les termfnai&ons nasales perdent cette qualité , lorsque le mot qui les contient ^t le fuivant ne foufFrent aucun repos intermé- diaire , de manière qu'on est forcé de les pro- noncer tout de futte , comme dans mon ami , ceruàn auteur ^ on ighùre. Entre mon et ami , ^^^tinj^et^Mtàtr^wi et ignore, il est impossible ,>rendire halemèTp^^^^conséquent il n'y a point de nasalité , et n final doit fe lier avec la voyelle initiale.

Les terminaisons, nasales conservent cette qualité » lorsque le mot qui les contient et le < fuivant permettent de l'un ^ l'autre le moindre repos. C'e^f pourquoi dites , en faisant fentir le Ton nasal : un vin excellent / mon cousin est venu f parce qu'on peut respirer après les mots fin et cousin»

M. l'abbé d'Olivet prétend qu'on lie les deux mots 3 lorsqu'ils font immédiatement p nécessai^' rement et invariabletfunt unis. Cet illustre gram- mairien cire , en faveur de foil^ principe , une décision : de l'académie françoise. Voici )i quel propos elle fut donnée. ^ François I s'amûsoi t quelquefois^ \ ouvrir le discours en vers. JMelin de S. Geliis «. fon bi- bliothécaire et fon aumônier, avbit la permis- sion d'achever la plirase fur les mêmes rimes. Un jpiir, le monarque 9 fur l)e point démonter un petit cHe^al qu'il cares^oit de la main, Vaposjrophè ainsi tti présence de S. Gelais :

Joli gentil , petu chevaf , Bon i monter I boa> d^tceodrc.

Le poè

S 1

L'acad^

dire,

I

eut recoi qu'on ni qu on po bon et la me M. l'i font pas i a ue la p (on nasal jours Tu pronànc(

et il est interpos< ami 9 ^0 mie est motivée. . troduire nonce r i parce qi un repoî pas fore

coup , détails : La pierre c de la pr

Franc o.i s e. jt

Le poète courcUan ajouta ^uc de fuite :

Sans que tu fois un Bucéphal , ' Tu portes plut grand qu'Alexandre.

L'académie Caen , incertaine s^ll falloit dire, ' v :

Bo-n à illonter, bo-n à descendre I

Bon â monter , bon à descendre.

^cut recours à l'académie françoise« II fut décidé qu'on ne devoit point lier n avectf, parce quon pouvoir placer uri mot entre racljectif bon et la préposition i , ou, pour parler , coni- me M. Tabbé d'Olivet , parce que bon et à ne font pas invariablement unis. Mais il me femble aue la possibilité de placer un mot entre le r Ion nasal et le mot fukant ne détruit paà tou- jours Tunion. Car il e(l incontestable qu'on prononce mo/i ami , en liant les deux mots » et il est également incontestable qu'on peut interposer cher ^ très-cher ^t dire : mon cher ami 9 mon très^ker ami» La décision de l'acadé- mie est cependant juste ; mais je la crois mal motivée. Ce n'est point parce qu'on peut in- . croduire un mot entre bon et à, qu'il faut pro- noncer bon à monter f bon à descendré; mais . parce qu'entre ces deux mctts il peut y avoir un repos , une fuspension , parce qu'on n'est pas forcé par le fens à les prononcer coup fur coup , et qu'on peut dire, en marquant, les détails : bon. . à monter , bon à descendre,

La règle que nous venons de donner esx. la pierre de touche de la nasnlité , et le flé^tf de la prononciation norniande.

'■•>•

V

E a

Ï*

^

I,*OllTHOG]lAPHB

-9^?=

^

ART I C^L E ÎX.

Identiques* ^

L'ORTHOGRAPHE In'oflfre pDÎni de dif- ^ficulté pour les H^ôtsqui S'écrivent fcom- ïxie il$ prononcent. Le plus grand embarras est dans les conspnnes redou- blées , dans les consonnes nulles , dans les mots homonymes et dans les fons identiques*

Les deux premiers articles ont déjà été traités. La difficulté des homonymes esc levée j>ar le tableau que J'en pré^en- te^.à la nn de cet ouvrage. Restent les fons identiques , et je vais tâcher de répandre quelque jour fur le$ ténèbres qui les environnent.

J'appelle identiques les fons égaux ou équivalents. Psnis femniè et Philippe , àsLtïsJiicch ttfrançois f f ^t ph p è\t ci Xoiit identiques.

Mais quels fons admettent l'identité ? Voici les principaux ; e , i,o, an , in ^ en , un , oin , gu , eui, c,f^ Str^s, t.

Mil» '

Ue muet a pour identique ai d^nsjal^

^

Sant , j Plusiei par e , doit p orthog

\Je

fimple

et Tor

quille

luiven

encor

finales

ye

01 , et admis fil pei ortho, gles ] Tusag

La

cause

Les

parf labe ,

partie rorth >yoit cause

,.>•.

Françoise. J)

Sant , )cfaisoh , bienfaisant , bienfaisance» Plusieurs grammairiens écrivent ces mats par^ , parce que la diphthongue ai ne ' doit pas exprimer un ion foible. Cette orthographe fera bientôt adoptée,

LV fermé s'écrit' ordinairement par e finiple. ILa cependant ai pour identique , . et Ton écrit : aider , aigu , aiguière , ai- guille , aimant , aimer. Leurs dérivés fuivent la même orthpgraphe. On «cric encotje chantai, je chanterai. Y oyczhs finales des verbes. ;

Ue ouvert s'exprime par è ^ê, ai, et, ci , etc. Mais, comme t ou s^ne font pas admissibles dans toutes les occasions,quct fil peut tirer de ce^ labyrinthe jeune crthographistc .? La ' dérivation y les rè- ' gles particulières > et , à leur défaut , l'usage. r ;

La dérivation. J'écris air, par .a , à cause d'^tW qui en dérive.

Les règles partrculières. . J'écris, être par ^, à. cause de la loti'gueur de la.fyl- . labe , et de la fuppressio^i Aqs: / ^

Quelquefois la dérivation et les règles

particulières déterminent , de concert ,

l'orthographe d'un mot , comme on le

>yoit dans décès. Je l'écris par e , i^. à

cause de fon dérivé décéder ; 2"*- par e

^

/

54 t* Or t ho g r a p h i

grave » à cause de la prononciation ou- verte. "

M. de Voltaire a écarté une épine, en excluant la diphthongue oi des identiques de IV. Il conforme , en cette circons- tance, récriture à la prononçiationi Jl

. icntjaint François,st les Français. Cette orthographa'est plus fimple , iboins em- barrassante, et ne répugne , len aucune manière, au génie cfe la langue. Ceqvy femble lui promipttre une adoption gé- iiérale et prochaine. Je contrarie mon goût particulier , en ne la luiva^nt pas dans cet ouvrage ; mais coinposant un livre élémentaire fur la manière d'écrire^

\ je ne dois point m'écarter de celle que consacre Tusage actuel. Je me contente d'exhorter les maîtres à' accélérer le rè- gne d*un usage qui a pour lui la facilité de la lecture , celle de l'orthographe , le vceu des étrangers , la raison et Vol-

taire.

/.

-^

/ a î>our identique j'. Voyez cette lettre, page 12.

O.

Uo qui le prononce pur s'exprime par,

la fimple voyelle (?; rose, implorer. /

Si la prononciation de Ti? est bieJn al-

longée

sien d

ce mm

s'appl

phrho

V Lor:

cxprin

que 1j

tre. E

fallou

à cauî

^u

même

moins

autre

Poi

ou a

qui c

quelc

minu

P;

termi dellei D en m par^ cimcri

«i

•-«-T

^ fc.

F K A Vi Ç O I S «. îr

longée , examinez s'il n y a pas Uippres- sion dekttre ; en ce cas , il faudroit p, comme dans rôle. Cette observatipn doic s'appliquer à. toutes les voy|elles>t di- phthongues traînantes. .\ \ v V Lorsque le fon 0 est fourdi et mixte , exprimez ce Ion par au ou pari eau , felèri que la dérivation indique Tun ou Tau-^ tre. Ecrivez il faut par az/ ,1i cause m(2^ falloir, ilfaîloiu Ecrivez beaui^z,x eau] k cause de bely belle.

Au refte , au est plus ordînàife ; c'est même ainsi qu'il faut toujours écrire , à moins qup la dérivation ou quelque autre règle- n'en décide autrement.

( ... . * ' .

Tour écrire le fon nasal itz/ï » faut -il e

ou û ? (

\ Je ne connois aucune règle générale qui détruise la 'difficulté. Mais voici

quelque^ règles particulières qui la di-?

minueront.

Première rèfçle. Tous les adverbes

terminés en ment forment an pg^r e ^-^-

dellement , constamment , éperdiirhent. Deuxième règle. Tous les fubstanrifs

en THé'Azr dérivés des verbes forment rrrr

par e : abaissement , étonnement , femer''

ciment.

«

r^-

« » ,

u

/

f^ l'OrThogr'afhb -

Thuièmefêgle. Tous les adjec^^^^ en «721 dérivés dei verbes forment d/r par a : diveftissam f gémissant , tremblant 4

Amant et /garant fuivent la même or- thographe./. .

Quamème règle^ pour les Provençaux. Civils à/]écrire un mot fe trouve Ti- dentique if/2 ; qu'ils le rendent dans leur idiome Jet la prononciation indique la voyelle/qu'exige le nôtre, lis pronon- cent cajnta^ dansa, et nous écrivons chan^ ter , danser ; ils prononcent présenta , ' récoumpén'sOf et nous écrivons présenter, récompense. i

Cette Tègle a quelques ^exceptions , mais en très^petit nombre.

It eft d'autres ideatiques , le même^ moyen produit le' même avantage. Les Provençaux disent Pa^oUhado, lou càpeou , de pan, de vin ; et les François écrivent t aubade ,Je chapeau , du pain , du vin. Dans ces mots et dans une infinité d*au- très , prononciation provençale dicte l'orthographe françoisc.

J/i a pour identiques a/Vz , ein^aim, etc.

Ce fon , lorsqu'il est initial , fe rend par in ,,cxcepté dans ainsi , et dans ains , yieuj mot que mais a reinplacc. Ecrivcis

X

X

F R A N ç 0 I S I. 57

injuste y intention. Ailleurs consultez K JeFiyation. On écrit ; .

DiWnWri, > czuiC àe divine ^ divinité ; Vain , homme vain , par a , à cause de vanité^ \ Plein par e , à cause à^ plénitude', Ftf im par û et par m , à cause de famin^

Aon est fon identique dans le feul mot aan ,^ grosse mouche. Cet a nul est en- iore indiqué par le terme provençal, Àvan. Tant il, est vrai que notre langue A d'abord été que celle des trouba- doiirs , -et que notre poésie ii'eSt pas le feul présent qu'ils nous aient fait.

.• UN, ' ' .

Ses\identiques font uni dzns' parfiim p et €un )^^ns à jeun.

OIN. '

C'est ainsi que ce fon doit s'écrire : Juin , besoin , témoin ; excepté dans mar- souin , baragouin , chafouin.

EU.

.Exprimez ce fon par ^w , excepté dans bœipf^ chœur \cœur, œuvre, manœuvre, '"^îU'urs, nœuâ\œiif et vœu , à cause de

'^

•*r

w

. \

N

V

X

:^'-\

J

V

58 i'Orthoôr AriTR

leurs dérwcps boulier , chorus (faire f/^i? rwj ) , cordial f ouvrier^ morale, nouer ovipare , voter*

E ul\

r

Eui , uei et œi Tonnent de même : Ecrivez deuil , cerfeuil , recueil , œil , œillet. :Dan$ orgueil «t recueil. Vu com- mence la diphtnonffue^ pour donner au ^ et au r une articuTayon ferme. Que IV précède, , ces deux consonnes ilioUissenr, et la prononciation changç : orgeuii , receuiL.^

Cette lettré a tantôt le fon dur , com- me dans roi/ronn^, et tantôt le fon doux^ comme dans César.

C dur a pour identiques cA dur , a et A. Ch dur et A ne s'emploient que dans quelques mots étrangers , tels que Za^ charit , Pleskow. .

Devant e et / , c auroit le fon doux , et vous devez vous fervir de q-, question , querelle, quittance.

Devant a, et.w fonore, c est plus usi* ; carc^tère , coloris , curé. Cette arti- culation exprimée par c est fi naturelle que, forcée de disparoître dans Ameri^ que , Dominique , elle reprend fcs droits.

1

F R AN Ç/P I S E. ' 59

des qu'il n'y a plu,S d'obstacle ; car o4 écrit américain , cwminicain,

C doux a pou/identiques\r fort , com- me d^ins récompense ; t doux , tel qu'il fotac dans r^/(?/7 , ss et Je, . [

Ea dérivation décide foiiVent fur c ,s , et î, Onjxnt négociant à cause de négo- ce , fuspjénsion à cause dcjuspens , aciion à causé d'acte. L'analogie devroit faire ' écxivQ /essenciel k^ cause d^ essence ; mais r^s^ge est encor fiour essentiel. / * _,

Ce que nbus. avon$ dit du redouble- ment des consonnes éclaircit la difficulté que présente l'identique ss. Lorsqu'il faut ce double caractère , la, pràiï&Qeiar rion l'indique. Un des s fert à former la fyllabe qdi précède , et l'autre icçUe.qui fuit. On leyfentira dans les .exemples fuivanp , fi l'on a de roreiUe : connois" sance i assurer i assiette..

*$yn'est admis que dans un petit ribm- bre/de mots , tels que Jcience ,Jieptre , Jceptiquè , jcélérat , discerner , descendre^- ascendant y rescision » et quelques autres que l'usage apprendra. .

Observez qu'un léger fifflèment doit accortipagnerjc initial, et que dans le corps du'mot , il fe partage aux. deux fyl- labcS contiguës. ^ . .y ,^

f

0 . ^

€0

■.J

l'OUTHO^R APHt ^

F.

F et pk ont constamment Ic^mêmc fon ; mais pk ne s'e^iploie guère que dans les mots dérivés deà langues an- ciennes; tels qu^ philosophe^ Amphitrite ,- Joseph. \

. , ,G douxl

Son identique est y. Lorsque ce fon est initial , le choix est difficile, mais au milieu des mots fervez-vous de g , excep- té dans les mots composés dont les fim* pies adoptent j , cqmme projet , injus- te, dont les (impies (ont jeter et Juste.

On écrit ericor par y major, majesté, majeur, djourner, ajouter, bijou ,Japajou, ajustement , préjudice , préjugé.

S do

ux.

Z e%t fon identique ; mais le premier est plus en usage. Le fécond fe met au comrnencement des mots s auroit un fon ferme, Ônéctit ^one , léphyre^Qviû" quefois j fe place au inilieù des mots , comme dans' amazone , galette , a^ur ; mais cela est rare. Ecrivez , avec l'ac^- dérme-f" hasard. .

Au reste, partout la dérivation et les rcgle^ouS abandonnent, fâchez douter^

recourez à

tionnaii^S

de TacaV meiUeut c

nies de l et Test cution, î particulie et de Du ter la lai et en foni

••.'

fecourè;z à l'usage ; ouvrez les bons dic- tionnaii^s, dépositaires de fe? lois. Celui de l'acâViémie françoise doit être le * meilleur de tous > par les lumières reu- , nies de l'élite de nos grands hommes^; et l'est réellement par 1 entente de l'exé- cution. Mais gardez-vous des fy sternes particuliers : les opinions de Kichelet et de Duclos , avec l'intention de facili- ter la langue, en détruisent, le génie , et en font disparoître les gracès.

«i^i

6i

t'ÔR TH o'aR APHE

a

ê

^

i^S^

» ' M

^-IH-

T

CHAPITRE DEUXIEME.

* '

Des mats.

La langue Françoise a fix fortes de mots (* I ) : le fubstantif, radjectif (2) , le pronom , le verbe , le participe et les invariables. ' ^

Les cinq premiers font fournis à des inflexions ; les invariables n'en admettent aucune.

Telle est la base fur laquelle porte

tout Tédifice de notre langue , foie

, écrite^ foit parlée, depuk le jargon

du peuple jusqu'au ftyle noble et épuré

^es orateurs et des.poètes.

( I ) Mots. J'appelle mots ce que les autres

frammairiens nomment parties de l'oraiâton. Vi fubstitué une dénomination précise et clairç à une expression vague et un peu fcien- iiûqae. Oraison Vient du latin orado <, qui lui- même est formé <foris génitif d'05, bouche. Ce terme a plusieurs acceptions : en gram- maire* iKîgnifie discours ou plutôt pnraise;, en rhétorioue , discours d'éloquence j et en terme de Ipiritualité , prière. ^

il) Le fuhtmtif , V adjectif, etc. Dans Ké- numération des mots , on est fans doute fûr- pris de ne pas voir Tarticle, Il n*est^ aucun point de graounaire qui ait essuyé tant de ré-*

fi

. volutions. D*; d'articles : le l'article uri , tinrent qu'il

» la , Us. M. un district i quer une infîi à d'autres lo non-feuleme chaque , nul^ tain , tel , u fon y. notre , 1 lequel y etc. indicatifs ; le connotatifs m titifs. Quelq positifs ; d'a\] Certains fon Uctifs ; plus tïfs distribut Ces dist le livre qui ellet répand dans une gt texte, de con elles condu Les distinc distinctions fassent. Ce frappant , a débile , prc

î*our moi du discours adjectifs. Et caractère, un mot qui joint à un

F R A N Ç O I s F. ^^

voïutions. D'abord , on distingua quatre fortes d'articles ; le défini , rindéfini , le partitif, et l'article uri , une, Girard et d'OUvet fou- . tinrent qu'il n'y avoit d'autre article que U » la , Us» M. Beauzée a depuis donné a ce moc un district immense , et lui a fait revendi- quer une infinité d'expressions qui obéissoicnt à d'autres lois. l\ met au nombre des articles non-feulement le , la ^ les ; mais encore tout ^ chaque , nut^ plusieurs :> aucun ^'quelque ^ cer^ tain , tel , un^ deux , trois , etc. mon , ton , fon , notre f votre , leur , ce , cet y qi/i ^ que , lequel\ etc. Parmi ces articles ,' les uns font indicatifs ; les autres connotatifs,Ce\iX'C\ font , connotatifs universels y ceux-là connotatifs par^ ' titifs. Quelques-uns font co/zno<âr(/]p universels positifs y d'autres connotatifs universels négatifs* Certains font connotatifs universels positifs ^col^ Icctifs ; plusieurs , connotatifs universels posi" tifs distributifs, ^

Ces distinctions font excellentes dans le livre qui les contieht ; mais , a coup sûr/, elleV répandroient la huit la plus j)rofonde dans une grammaire classique, et fous pré-^ texte, de conduire à lafciènce par l'exactitude , elles conduiroient au dégoût par l'obscurité. Les distinctions raisonnables éclairent , les distinctions vainement multipliées embar- rassent. C'est ainsi que les rayons folaires , f{:appant , a trop grands faisceaux , une v^ie débile , produisent les ténèbres.

î*our moi , j'ose rayer l'article des élémehfs du discours , pour le ranger dans la classe des adjectifs. Et l'on ne peut nier qu'il en' ait le caractère. Qu'est-ce en effet que l'adjectif? un mot qui a deux genres et deux nombres , joint à un fubstantif , pour le modifier. Or

%^

64 l'ÔRTKOGEAPHB

dans V homme, t^jectif te ( c'eft Pçxpr^ssioa de i'abbë de Condillac ) a l^. deux genres et deux nombres : le ^ la , Us, a*. // me fait cowr sidérer^ dit ce philosophe , l* idée d'homme duris toute fa généralité f et comme étant commune à tous les individus: le est donc un véritable ad- jectif. Appliquez même principe à tou3 les arrictes de M. Beauxée » il en résultera la même asaenion. r

SE G

V^»:

. . *~

Letu

^^%

fens pai

jKSSSb ^k

responc Canif (

if^Hf^

i^ par

" . - .

tnêmes

'■ .

d'Un ai

V,

2**. par

pondre

^ le , la ;

«

belle ; i

'.■"--• ' .

heau ce

' . > ■*'*>K«..,^-

grande j

genres ou cloi

V

une fei

pondan

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SECTION

*

Chàc

* •-

'■^ V ^- .J

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f R a\ Ç O I SE.

6>

•^

«■

¥-

SECTION PRxEMIERE,

. . \ ■■

Des mots à inflexions.

ARTICLE PREMIE

. - Dufuhstmt'if. '

JLiE fub?tantif est un mot qui à un fens par lui-même , et auquel peut cor-; respondre un mot de deux genres ( i ). Canif et plume font des rubstahtifs , i**. parce qu'ils ont jin fens par eux- mêmes ; ils n^ont pas besoin du fecouri d'Un autre mot, pour être entendus : 2**. parce qu'on peut leur faire corres- pondre un mot de deux genres, comme le fia ; un f une ; grand , grande ; beau , telle ; le canif, un canif ; un grand , un leau canif ; la plume , une plume , une grande , une belle plume. Ce mot de deux genres peut-être avant ou après , proche ou éloigné , à deux terminaisons ou à une feule. L'unique rèjgle est la corro pondance. Chaque iubstantif n a ordinaireWnt

N

'/>'*■

mb

n

«^i.

V

éé i'Orthograpmb '

^uun genrô- C ^^' On n'a pas te choiîc tntre Te chandelier et la^chàndelier , la chandelle et fe chandelle. C esc p.éôher contire genre / que de prononcer et d'écrire,

' /' ' ' •"■ * , '

la chiffre , ^ ,

une tep,

d'exjCellentes légumes ,

de vilaines ongles 9 .

de/ belles ciseaux ,

une jolie éventail;

line fatale incendie ,

une épisode bien amenée^

une bonne évéché V ( 3 ) l la meilleure archevêché de France*

-♦ ' . ' ' '

Tous ces fub^tantîfs font masculins. C'est encor une £iute contre le gcoo'e de dire unjintinelle , un cuiller ,unÛeI épt^e , un joli pantomime , un magni^Time horloge p Dites unejintinelle , une cuiller ^ Q^) une belle épée f une jolie pantomime , unema^ ffni/ique horloge.

Mais comment cpnnoître de quel genre est un fubstantif ? Patr le fexe ^ lorfqufil en a un , comme père , mère , chien , jument , etc. par Tusage , lors-

Îue le Icxe ne peut résoudre la difficulté, burconnoître l'usage , on fe fert d'un adjeaif à deux terminaisons. Ciel est du masculin , parce qu'on dit le ciel ; terre

%

tst du f

Peu iî*ii

fuive^ le

lihe/con

une voj

amour

pfécéde

amour^

l'usage

cas dou

nairede

Lesf pluriel ( riel esc . cris ; la ment , /

La

fubstani

ieu et j

t eaux y l

yeux.

Laça les fubî cailloux s les bij tous > It Jilous.

One

Les terminé

-Fr à n ç 0 I s i^ ^7

est du féminin^, parce qu'on dit la terre. Peu iriaportë que l'adjectif précède ou fuive^ lorsque le fûbstaritif commence par une/consonne. Mais s'il commence par xinp voyelle, ou faites fuivre Tadjectif ; amour généreux ; ou du moins faites pfécéder deux adjectifs : un généfeux amour* Observez que Tadjectif indique. Tusage , fans prouver le genre. Dans les cas douteux , ayez recours au diction- naire de racadcmie.

Les fubstantifs font àu'fingulier bu au pluriel (^). La marque ordinaire duplu- riel est s' : le père^ les pères ; le cri , les cris ; la bonté , les bontés ( (5) ; le fer- ment fies ferments Q']^.

La caractéristique du pluriel dans les

fubstantifs terminés en au^ eau, ou, oéi,

ieu tt yeu est x : les cheveux , les chà-^

t eaux, les Jeux, les vœux , les dieux , les

yeux.

La caractéristique du pluriel varie dans les fubstantifs en ou : pn écVit par x les cailloux , les choux y les: genoux ; et par s les bijouf, les" clous , les Çûî^, les ma^ tous ', Jesjb^s , lesjous,, les trous , les Jilous* ■"■■V■:^

On écrit maintenant les lois.

Les fubstantifs dont le finguher e^C terminé pïir s, x ou j s'écrivent de rpêmç

F 2

■\

l '

V

'6i l'Orthographe

»,

au pluriel : le discours , les discours^ la voix , les voix ; le ner, les ner.

En prose, écrivez le remords; envers,^ on peut fupprimer s :

Képonds-moî , qu'as-tu fait pour fervîr ta

patrie? Que nom , daris ton ame , excite le remord : Quoi y âudra-t-ilun jour qu'elle pleure ta vie ,

Loin de pleurer ta mort? Thoma&

La formation du pluriel dans les mots composés ne fuit pas une règle uniforme. On écrit avec a* au dernier mot :

dès âbat-jours , ( 8 ) Avec un sa chaque des arc-boucaffts , mot : ,

des arc en-ciels , ^çj bcWes-fœurs ,

des avant-coureurs , ^^^ bouts^rimés ,

de» bec-figucs ^ des chats-huants ^

des boute- feux , ^^^ cUls-de-lampes V

des chef-d'isiuvres , des contre-danses > des cure- dénis , des cure-breiîles^ des entre- fols 9. des garde-fous, des garde-côtes, des garde-notes^ des palfe-droits» des pafTe-ports , des ious-ordre9.

des gardé^-fuisses.

f— i— b— »

j4vec un%au premier mot:

dcs^ becs-de^orbîn ^ des gardes- marine.

Sans s:

des coa-à-Tâne, des paffe-partout.

L^ mots purement étrangers , ou pris dans une autre classe , rejettent la marque du pluriel. Ecrivez des pater ^ des ave ,

, F R avn* Ç O I s E- 69

^ds duo , des quatuor , des quiproquo ,' des auîo-da-fé , des aparté , mj^ alinéa ; desji, des car, , des a , des b à etc.

Les noms propres (5)) , en quel fens qu'on les qmploic , iuiyent la même règle. Ecrivez/é'j' deux-Ccr/neille ^ ctilfaut des Jièclés pour produire des Voltaire. C'est comme s'il y avoit/:.fo deux hommes.

?uiporHni le nom de^Cornejlle, Et dans aurre exemple : ilja}it- desjièdes , pour produire des hommes tels que M. de Vol- taire, II est clair qiie; dans les deux cip^s ,.lc . nom propre est/au fingulier. Cependant les poètes fe fervent, fetoii le besoii] , du fingulier ou )du pliicicl , et le charme de la poésie fait pardonner, en Cette oçca'» siqn , l'ouDli de la' grammaire.

Faut-il, dire : les deux charrettes per- dirent Iturs essieux ou leur essieu / '

Le^ingulier me paroît plus correct , parce que chaque charrette ii'a qu'un ess^if." ^ ' .„ '' ■■ -

^ar la même raison dites : la colère est

r/7/ leurs yeux et le blasphème dans leur wuche. Oh lent pourquoi il faut le plu* ricl avec yeux, et le finguliér avec bouche..

Les mots cœur et ame, font excçptés, et, quoique chaque individu n'ait qu'un cœur et qu'une amc , l'usage pcrm::c , d*ccrire ;

<*

\ \

.\.

N;

7<5 L*GllTHOGRAPMB

Le repentir déchire , ,det console nos caurs. Amour de la vertu , viens embraser nos ames«

fans doute , la contrainte des rimes a d'abord occasionné la faute , et le fré- quent emploi de ces deux mots l'a con- sacrée.

t)oit-on dire le premier , le deuxième et le troisième (otages ou étage l il faut le fingulier. En voici la preuve. L'adjectif doit s'accorder en nonibreavec fon fubs- tantif. Cette règle ne ifouffre point d'ex-^ ceptipn. Or , quoique le fens paroisse» exiger le plu|î^% comme il est impossible qu'on dise le^MMemiers , les deuxièmes et les troisièrtwji Mtges ;gle fubstantif prend le nonïbre qui facilijJ^ l'accord , et c'estn

J:e .fingulier. v^ ^ .

if* Mais il y a trois ad|ectii[st finguliers # donc le fubstantif doit être au pluriel. ' Réponse. Le fubstaiitif fait bien la loi à radjectif , mais il ne la reçoit jamais. Tadjectif n'a ni genre ni noml^re , par lui-même ; il ne fait que fuivre l'impres- sion du mot auquel il est joint , et tous les adjectifs ensemble ne pourroient for-: #r un fubstantif fingulier à devenir

pluriel.

' D'après ces principes, cuites : le pre" TTiier , le deuxième, et le iroïsième étage ; le premier', le deuxième et U troisième rival $

' <

' 4

. , ' ij,'»^ ;

F R A N Ç O I $ E. 71

Tun et r autre livrer l'un et tautre cheval , maître de langue Jran^otsei italienne et espagnole. 11^ est ainsi de tputç occasion lemblable ,"mi plusieurs adjectifs ne peu- vent être au pluriel ; ils nécessitent une éllipfe. Le fubstantif est {bus-ent-ehdu à chaque adjectif. Substituez le pluricWans, les exemples ou fe trouvent rival et cheval : le premier , le fécond ^ et le troi- sième rivaux , Tun et l'autre chevaux^ vous voyez le. ridicule joindre fes armes à' la force de la raison, pour faire rejeter ce nombre.

Au genre et au nombre , Restaut ajoute les c^j". Mais il est démontré que les noms françois n'en ont ppint. Lemot cas formé de casus fignifie chute. Or dans ^otre langue il n'y à pas différentes chutes , différentes terniinaisons ; nous disons to\i]oyxï^ père, chanson. Leis Latins quidisoient,

cantilena , cantilen»,

cantllenam 9 càncilenâ »

pater ,

{partis , patri , patrem, pâtre.

,1 * *

àvoient réellement des cas. Trop peu philosophes , nps grammairiens classi- ques ont calqué , fans réflexion , le génie ' de notre langue fur celui de la langue

t.-

^'

à

,7^ l'Orthographe

grecque et latine. Cette fausse idée a flifc

perdre bien du papier qu*on eût pu cm-

player à des- choses plus utiles , et bien

du 'temps qu'on eût pu destiner à les

apprendre.

^ ' ■■ , ■'.,■.

( I J Un mat de deux genres. C'^si-à-dirc ,

un^djçetif. Nous avons deux genres : le mas-

oolin et le féminin. Les Grecs, les Latins et

tes Allemands en ont trois : le masculin , le eminln et le neutre. Les Anglois n'en ont . point. ;

( 1 ) Chaque fuhstantifn'a ordinairement qu'un genre. En voici quelques-uns dont le genre varie.

' Aigle f' fëtnijiin dans aigle impériale ^ aigle romaine f aigle éployée ( terme de blason) et dans âfg/^constellation. Hors de , masculin ; chevalier de^Vaïgîe hfanc ^ Je V aigle noir y V aigle courageux n* engendre point la timide colombe,

" Amour ^ masculin au finçulier ,yt même en vers. Dans le fiècle dernier, les poètes avoieht encor le choiîr. Féminin au pluriel : il n^y a point de laides amours, / .

Automne ^ masculin ou féminin : un bel au^ tomne , une belle automne. Peu fa- VQrable \ ces no^s amphibies ,

^ notre langue fe décidera un jous

pour l'un dés deux ; le masculin a\ira , je crois /la préférence , et les quatre iaiscms feront du même genre,

/ Çûupk f

»

X.-

CoupU

Dllîce

\

Evang

Enfan.

Equiv^

Du lar De que Ou ma

L'uSBg<

Exemi

Foûdr

L* O li T^ï O G n A fl W

\

f

Pua n ç o i 5 b. . 75

Couple f!^ marquant le nombre , féminin °: une couple d'otufs , une coupU de chapons '^ ni^rqu:\m njnion", "/ . mnsculiri : voilà un couple bien uni ^

un couple bien assorti,. Lors j^ud'^f^s ' ' hideux choses unies foiif insépa-

rables , ou fÀitvs pour ail et c^ii- " semble ,„ une paire est \c mut . '. Y^ropre : -une paire de ciseaux ^ une

, paire de bas. Un paire est iihe faute grossière. V - \

Délice j masculin aU fingulicr^: c^est un dé^ /tce ; féminin auplurièl, :cVir (/jr7> la^ertu de J es enfants qu'un bon pire met f es plus chères délices.. Evangile, On ne dit plus la première évangile^

la Jjcconde évangile de la messe. Ce mot est toujours masculin. , "' masculin. On dit cependant une jolie cnfaî\t , une belle enfant , c*esi la meilleure enfant du monde. Equivoque, Boileau a fait une fatyrefur l'équi- voque, dont voicHes premiers vcrsi

Du langage François, bizarr? hermaphrodite^ De que] genre te faire , équivoque maudite , Ou maudit; car fans peine aux rimeurs haiarcIéuXf JL'usBge' ènsor ,je croii ,'Uis$e le choix dés deKX. ^

Il s'eft décidé pour le féminin.

Exemple d'écriture , féminin: une exemple instructive \ une 'exemple bien faite. ^ En tout autre fehs ^ masculin : un exempleédifiant^ des exemples tires dés meilleurs auteurs.

Foudre,' ' Autrefois on diboit la foudre ^ le foudre y le féminin a p^revalu. Ex- \eptéi un foudre de guerre , et un

Enfant

■^f

'^

-■>' f I.

''■*>■■

74

lOrthographb

fifudrc ,, grand vaisseau dont on fe iert en Allemagne , et qui con- / ïi|nt plusieurs muids de vin. Si à ' /Aire on joint une épijthète, ou / «'il est pluriel , le genre est au

choix de Técrivain. dira égate- inent bien U foudre vengeur 1 la\ foudre vengeresse.

Ses foudre! impuitsams l'éteignent dans les airi; 3e pourrai t'écriser ^ et lei foudres Côhtprétts,

Ceàs f nom bizarre qui jexige féminin; . avant lui , et le masculin après, . ' et qui offre Texemple; fingulier de^ deux correspondants d'un tpêmc mot fournis a des lois différentes. Car on dît les vieilles gens font foup" fonneux, If'usage veiit pourtant qu'on Y ^crivQ : tous^tes honnêtes gens , tous

les braves gens. Va le masculin a lieii^ lorsque radjectif qui pré- cède n'a qu'une terminaison pour \ les deux genres : tels que font

honnête et irave. V^mne ' qu'on ctiante )l l'église , féminin, . Santeuil et Coffin ont composé les belles hymnes du bréviaire de J'arist^ Hors, de , masçj^lin.

, / » - . .

Je chante , rOIjrmpe m*écoute , ' . ^ £c mon hymne Immortel ajoute . Va plaisir auxj>laisiri des dieux.

M. Éahe, Qàtfur îefublime poéf»

V

ii-»

s' V

Lettres V et

féminins ; on dit pourtant lettres^ 'royaux ^prisons royaux^

m

<s

Orgue i Personne

Fr an ç qx SI. 7J

'urr^ , jtiîisculin dans le grand auvre , f rj- vailler au grand auvre j ternie de chimiste et de frahc-inaçon. Ail- leurs* féminin : une bcUe ceuvre , de bonnes œuvres , etc. " masculin au fingulier: unh orgue; féminin au pluriel: de belles orgues. construit avec «c , ou dans un fens inrei^rogatif, est masculip :perjo/2n< n!est plus poli que vous ; personne

^ a-^t'il jamais pu fûrpdsser Lajhn^

taine en naïveté ^ et Racine en élé^

V '^gance ? En tqut autre fens , il est

féminin i une personne estimable , des personnes instruites:' Pleurs, Ce mot^ malgré l^autorité M. Rousseau de Genève , est maa- culiné Racpnfî a dit : .

Le ciel dant^tov's leurf pleuri lu m>oteiid polnl noaiia[ier.

Et M. de Voltaire :

kl

Voih) les premiers pleurs qui coulent de rhei yeUTU

'>*■/" ' '

Quelque Ce construit avec le masculin : quel^ ^hose ^ que chose (^joli , quelque chose de i>eau\ Les vers fui vaAts renferment

' une faute:

' (t ' - -

>•,-'' " .-•-■', '

Dis-ie quelque choie assez 5«//ir p

L'antiquité , Joute en cervelle , > Me dit : je l'ai Jire avant toi.

C'est une p'iiisante doniellei

Que ne venoit-cllT: après mol ,

J'auroii dit la choie vvint elle,

1 1 falloit : quelque chose d^as^eibeaUf

et au troiiicinc vers : /V /'tfT J/i,

. .^ . - />

••\

\

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9 \ i

v

-^

\\ .

^

jG l'Orthographe

i/a y w<r/^wccAojrctfr une expression vicieAi«e. "•

(3) ^^^ bonne évêcU, RopSard écrivoit au ministre Montdiçu;*

Or fui; mon frère en Chriir, tu illi que je fuîs piètre; J'atteste ï'étcrnel que je le voudrois être , Et ^volr tout le chef ei le tloi empêché Dessous k pesanteur d'wn/ bonne évôché. .

Le gci^p^e de ce mot a changé ; et prc*sque cous ce)fx: qui l'avoisinent dans le texte ont fubi le mdme fort. Tel eîl le caprice de l'u- sagé , . V : V

Q^ucm pênes aYbitrium est et jus et norma lo^ , quendL Hbr. ,

Despote dia tahgif e ,41 le fiut respecter ; . Xui feul dicte à%t loit , et peut feul e^ dicter.'

(4) Une cuiller, t.e r ÇoT\nt commjc dans fer, Gardez-vouà d'écfire un cuiller,

( 5 J Les fubstântifs font au fingulier ou àa pluriel, Le fmgulief annonce un feul objet y et Je pluriel plus d'un. A ces deux nombres les Hebreiir-, les Grecs , les Polonois et les La- pons ajoutent le duet\ qui désigne deux choses dans le même individu ^ comme, les j'fi/x , les mains,

(6) Les bontés. On écrîvolt autrefois les 3onr.q; Le ;^, exclu â^ts fiibstantifs , de« adjec- tifs et des participes pluriels , a chassé , à fon tour , le s de la (econde personne àts verbes ; de .forte qu'il faut écrire vous me comblei^ de bontés. Vous, me comblés de bonu^^est une or- thogra'phe ancienne ^ généralement proscrite.

{7 ) Les fennents, L'Usage a varié fur le

pluriel des mots en arit ej^ ent. Tantôt l'on i

-écrit les aniaiits , les changements ^ tàntôv les

amans j' les ::chahgtmens. Ces deux manières

onteu, t rarn'ii le iomptc «^..rnicre réuni It tons pa adoptée est plus formatic

Wailly J'ai trou règles p que , fat fans fair pluriel 9 que le !

un un un un \xn un tin un un un r un un .un un lin

un

un

. un

.1 un

i

4.-

. -'■, . r

F R A. N Ç O I S E, 77

Oiiteu, tour-à-tou.r, la pluralité di^s fufTrri^^es. Parnli les plus illuàtrcs , la luppression du t iomptc celui de l'acadifriiie. Mais depuis la (^..rnicre éânon de Ton dicrionii^iirc , le r a rèijni \ùs voix en fa faveur ^ tt nouî^ nt dou- tons pas que cette oxthogrjaphc ne fgit enfin adoptée par tous Us écrivains , parce !qu'clle est plus conforme à la règle genéialc de la formation du pluriel.

/ 8 > Des abat- jours. M M. Douchet et de Wailly ont réclamé -contre çecteorchogmphe. J'ai trouvé leur réclamation juste , et leurs, règles peu approfondies. Pour moi , je voudroi» que , fans considérer le nombre du mot total , fans faire attention s'il est au fingtiîier ou au pluriel, on donnât a Tes parties le nombic que le fens .indique , enxettc maniicre :

un abat-jour , des abax-jour^

un arc-boutarit , àef arcs-boutants , ' un avant-coureur , un bec-figues , un boutCTtcu , . un chef-d'auvre , tin cure-dents,,

un curç-oreiHçs\ un entre-fol , /^ un gardcfffou/, ungarde-eotes , un garde- notes , un passe-droit , un pas&e-pqr^t, un fou§-ordte5,' rua bclle-fa'ur , un bout-rlnié , un cha.t-feuant , un cul-de-hmpe y un gaide-fJisse,••

des âvani-coureurs , des bec-figues , dts boutc-feù , . des chefî-d'œu vré , des cure*dentç j, des cure-oteilles , def entre- fol , des* garde-fous , jdes garde-côtes , des garde-norcs , - des passe-droit ; , des passe- port , des fo.us-ordr: s, mes belles-fœurs , ,: des. bouts^rirné».^. des ehar.s-liuants, des culs-de-lan>pc, des gardés-fuiises,

G 5

'f.

*

78

J

L* O R T H p 6 li A PHI

un bec-de-corbin , de» becs-de-corbin i un gardje-marine , 6es gardes-marine , un passe-parcout , Àes passe-partout.

%

J*écris fans $ des tf3tf/-/o{/r , parce que le fens n'indique pas'le pluriel. C'est comme s'it y SiW oit des bots qui abattent le JQurp

J'écris des arcs^boutants avec la marque du pluriel dans les deux mots > parce que le fcns indique le pluriel dans l'un et dans l'autre. Il s'aeit de plusieurs zxcs'jtt boutants est un véritàDle srdjectif qui lui correspond. Il dérive par corruption du verbe buter.

Enfin j'écrit avec j un bec-figues ^ parce ue le fens indique un pluHel dans la partie u mot

3

oui, en prend la caractéristique. C'est s il yf avoit un oiseau qui biquette les

comme figues.

Seulement on observeroit que dans ces mots les arcs^en^iel , le$ coçs-^l'âne , le s est nul , afin de ne pis prononcer mal , en ortho- graphiant bien.

Au reste 9 appliquez la W^le que j'ai donnée à tous les mots composés qui s'offriront à vous, et , fans recourir ennuyeusement aux vocabu- laites , qui fouvent fe contredisent , vous au- rez une orthographe aisée , faine , fondée en principes , et qui paroit devoir être un jour celle de l'usage , comme elle est maintenant celle de la raison. '

( 9 ) Les noms propreis. On peut assigner aux noms propres d'hommes différentes ori- gines. •

i^. Les traits de la figure. Delà le Dean , Jali. .

3.^. Le teint du visage er la couleur des chpveux. Delà le Blanc, le Blond ^ le Noir, Ràuge f Roux ^ Rousseau,

T

3®. Quelque lièvre , le Bègu 4<^. Les nom; Benoît, France 5**. Les non Bouvier y Char 6^. Le lieu mand , Picard 'f. Le mêlai Delà Léonard très^illustre V go Les cil voyageant en If rrfl. Toute ce grand hoir les personnes les foins les noissance , il depuis , est i Il est d'aut chacun P< d'un nom fo blions jatnais blit par les i plus illustre le vice.

F R A w Ç 0 1 s B. 79

1®. Quelque' défaut corporel. Delà Becde^

lièvre , le ÉèguCr le Bossu,

40. \%s noms de bapréme. Delà Banhélemi , BenoU, François , Henri , Jean , etc. ^

5**. Les noms de profession. Delà Berger, Bouvier, Charpentier, Marin, Mercier, etc.

6^. Le lieu de la naissance. Delà le iSor- mand , Picard, Provençal, etc. , ^ , .

7°. Le mélange des Francs avec les Gaulois. Delà Léonard, fort comme un lion; Albert ^ très-illufitre ; Baudouin, hardi au combat.

8®. Les circonstances. Le jeune Arouet , voyageant en Italie , tomba malade à Vola- irrrfl. Tome la ville craignit pour les jours de ce grand homme naissant* Les Magistrats et les personnes du premier rang lui prodiguèrent les foins les pl.w empressés, & par rccon.- noissance , il prit le nom de Fb/irTe, qui, depuis , est devenu fi célèbre.

11 est d*autres fources des noms propres , chacun peut fouiller. Mais que l'origine d'un nom foit glorieuse ou vulgatre , n'ou- blions iarnais que le noiti le plus obscur s ano- blit par les talents , par la veftu , et t^ue le plus illustre s'avilit par l'ignorance et pac le vice.

*'

ç 4

•l'.O rt rogr aphi

*•

A RT IC LE II.

Z)^ r^idjectif.

L'adjectif est un mot qui à plus

d'un» genre et plus d'un nombre, joint à un fubstantif pour le modifier. Dan$ ces mots/: la vieillesse esi prudente ^ la et prudente (ont adjectifs « i**. parce qu'ils .ont plus d'un genre et plus d'un nomWe : le , la, les ; un homme prudent , une Jimme prudente , des hommes prudents : 2^. p^rce qu'ifs font joints au fubstantif vieillesse.

Quelquefois l'adjectif n'a <^u'unc ter-

. minaison , commei honnête > aimable ; et alors , pour \t coniioître, il faut le cons- truire avec deux fubsfaSfifs d'un genre diiTéren t : unejemme honnête , un procédé

. honnête : une personne aimable y un carac* tère aimable,

L'ad}cctif nepeut marcher feuL Aussi pour fixer ridéejvague ^u'il présente ^a- i-il besoin d'uni mot qijl ait, un fens dé- termine. Il a pljis d'un genre (i) et plus d'un nombre (2}, pour fe plier au genre tr au nombre du fubstantif qui l'adopte. C'est un fervitcur-dpnt la livrée reprc- sente les armes de fon maître.

V

Sou dans l:

tantif ignora

a4jpct tantif donné toujoi s'il y

fia r vrai.

Ca

grami

exacte

Dar

adject

homm des hc Excej deshc ne s*€ Or . n les, Icope j mots

I tes r

i l'cxa( ^ et le ! avûii

s

F R A N Ç O 1 8 l. 8l

Souvent un mot de deux genres est dans la phrase fans Tappiû d'un lubs- tantit': un fige , un fou ; un /avant , un ignorant ; 'rien n est beau que le vrai. Cet 'aijpctif. alors a tous les droits du fubs- taiàif , et fait la loi aux adjcctifs*futor^ donnés. Mais ces locutions renferment toujours une ellipse (9). Çest comme s'il y avoit un homme fige f ^'^ homme f)U , etc. rien nest beau que ce qui est

vrai. -ri !

Cq, que nous avons dit lur le nombre grammatical des fubstantifs s'applique exactement à celui des adjectifs.

Darw Tun et dans Tautre nombre , les adjectifs termines eh éprennent x : un homme heureux , vertueux ^ vigoureux ; des hommes heurmx, vertueux, vigoureux. Exceptez bhû ; on écrit- un habit bleu , des habit fbleus. Doux ,roux et jaloux , ne s'écrivent jamais fans A-.

On disoit autrefois Je le , de les le, n les. Nous disons aujourd'hui par fyn- jtope (4) du, des \ au, auf y' et ces inots ainsi réduits font adjectifs. ^ Une règle que les jeunes orthoçrâphisr tes ne doivent jamais perdre de vue est^ Fcxacte correspondance entre Tadjectif et le fubstantifOes deux mots doivent: avoir le mênie genre, le même nombre

ti l'O rthographîI

C5^ i et comme c'est du fubstantif que

la loi émane, c'est fur lui d'abord que '

doit fe porter l'attention ; de , on passe

à l'adjectif, ppur le rendre conforme au

fubstantif.

^ En général, rien n'est plus aisé que d'éviter les fautes contre les correspon- dances; aussi rien n'est plus insoutenable Îue d'en voir le papier ïbuillé. Elles écclent, non pas l'ineptie, ce qui feroit un tort du hasard; mais l'inapplication, ce oui en est un de la volonté. . . Nous avons de$ adjectifs commune- ment appelés noms de nombre* En voici le taSlcau :

un, deux , troif ,

({uatre, cinq (^)^ fix , *

huie , neuf, dix , onze, douze , treize , quatorze, quinze , îfeize , dix-fept, dix-huit ,

dix-neuf, vingt,

vingt et un , vingt-deux , etc. (7) trente , trente et un , , trente-deux , etc. quarante, quarante ctun|, , quarante-deux , etc, cinquante, cinquante et un, cinquante-deux^ etc. foixante , foixante et un^ foixante-deux ,etc, foixante et dix (8), foixante et onze,ècc.

quatr ' quaci quati quati cent cent- cent-

On nonce noms ihillio éprou faut ( plus c etc. E homn arbre.

8

\

bre a:

d'uni la COI deux cep te

O voye de 01 mort que plus

S

François*. ii\

quatre-vingts , etc. deux cents ,

" quatre-vingt-un/ trois cenls , etc. quatre-vingt-deux,etc. mille f9J,

quatre-vingt-dix, £tc. mille- et un,

. cent , mille et deux, etc.

cent-in , ^ àtux mille , /

cent-deux , etc trois mille, etc.

On ccric^r /fj- une heure, et Ion pro- nonce ^r le une heure. Dans tous lies noms de nombre , il n'y 4 que vin^t , cent , mÏÏwntt les composés de ce dernier qui éprouvent une variation. Et pour cela, il faut qu il y ait plus d'une vingtaine , plus d'une centaine , plus d'un million , etc. Ecrivez vingt hommes tt quatre vingts hommes.; cent arbres . et deux 'cents arbres ; un million et Jeux millions , etc.

§ uatrés y eux. est \xne faute horrible, bservez que plusieurs noms de nom- bre assemblés doivent être liés par un trait d'union, à moins qu'ils ne le foient par la conjonction err. Deux cents; trois cents ; deux mille , trois mille ^ ctci font ex- ceptés. /

0/7^^ n'exige avant lui ni l'elision des voyelles ni liaison des consonnes. Dites : de onie enfants qu ils étojent ^ il en est mort quatre ; de vingt , il n en reste plus que onie.^i non pjs : d'onic enjlms ; plus quoMiel ' Sur la onie fuurcs ; ils étdiènt on^c ,

C

.V-,;

#

v>

}%

t4 l'OrtH OGR APlIt

et non pasfur lé'ionie heures ; Us t!toicn.

0;7j/P/77^, qui rejette également la liai- ..son ; tolère cependant rélision. On éciit indiflerèmmentj honiUmé du mois, Pcn^ ^ieme du mois ; â la oniième pas;,, à l onzième page. Mais ne prononcez pas : il a u-noniième dans cette affairç. Dires avec une aspiration douce : /'/ a un en-

Ecrivez toujour$^a/r//r> ^/7f/;;;2^ ^/y;;^^^^^ On dit vinçt et un chevaux , vin e;î et une pistoles , trente et un jours , vhigt et un ans accomplis: Dans le fièçle dernier UyluTicl étoit coïiresté, et racadémic prononça en fa faveur. -

_^ Pans les dates, on écrit 772// an lieu de mille. M. de Voltaire est à Paris, eu mois novembre de- Pan ntîljlx cent quairt-vingt-quim^e.

(I) Plus d'un fenn. Fat x\'^ point de ftmmîn non plus que châtain. Ne dires pas : eiie en çhâtine. Ecrivez des cheveux châtaine et des cheveux châtain clair ; c'est comme s'il y av oit dun châtaiti clain . . ' ^

(1) Plu^ d'un nombre,' La plupart des gramw mairiens refusent le masculin pluriel a /j^j/ Cependant le comte de St. Lambert n'a pa« cramt de dire ; . *

Ma

Sen

(3)

d*un c

. phrase

met la

la S ai

chette

fiiint'i

'femme

C'«

foUri néteâ. lorsqi fait 1; Clam Clàirt

Eli fent bi renfe ^ àvoit d'un i bon , I

filUSS

tonne

Vf

îcrae

(4 ceq)

j'avp

■*: -

§•

F ». A N C O I I B.

»

Fuyez, volez, insianti fatals i mei desifi i Mai» , Mlai ! efpérinçes vaincs ! l,c timpi, ni>i fuit fur nos plaisiri , Scmblf l'irriter fur nai peines.

(3) Ellipse. Ueîlipsc est le retranchement d*un ou de plusieurs mots nécessaires îi la phrase grammaticale , et dont la langue pcr- met la fuorcssion. C'est ainsi que nous dirons la Saint-Pierre , la Noël, la Toinon , la ,F^n- chctté , etc; C'est comme sM y avoit la ftt^ d:. faini.Pierte'y la fête de Noël , la fille ou la femme appelée Toinon ,f Fane hette , etc. ^

C'est une grossièjreté énorme d*user de ce tour elliptique en nommant des femmes hon- lïêtes. Je voudrois même qu'on s'en abstint , lorsqu'on parle de ces actrices dont le talent fait la cëfëbrité; et qu'au lieu de dire a Clairon , la DumffniL, on dît mademoiselle Clairon , mademoiselle DumesniL

Elle chante faux , elle parle haut', cette fleur fent bon, elle dit vrai , etc. toutes des phrases renferment une eïlipsci. C'est comme s'il y àvoit : elle change fur un ton faux , elle paris ' d'un ton haut , cette fleur fent quelque chose de bon, elle dit ce qui est vrai, ...

C'est une grande fcvtc de dire : elle chnhie pusse , elle parle haute , cette fleur jcnt

bonne , etc.^ . .• r

Une femme et un homme "doivent dire éga- lement je me fais fort de faire telle chose.

(4) Syncope, La fyncope est dans le~îw*t ce que l'ellipse est dans la phrase : ellcabrc^ie. C'tfst ainsi qu'en verfl on écrit je facrifiiû'i ,^ favQÙrui, au lieu do fac ri fierai , J'avouerai, La

ji'

86

L*0 RTH ÔdR APHl

(yncbpe s'appelle aussi contraction >c*C8e-l-? dire raccourcissement» s

1*

( î ) Le même genre , le mJfht nomhrt*

f^our cela , il Ùmx. bien examiner quels es véritables correspondants. Cet examen dé-^ couvrira une faute dans ces deux phrases (que Restaut trouve exactes, Cest un des hommes fur lequel je compterais le moins. L^antiquité de. Vempre des Assy^ricns eu un des points fur Ifié^ quel on a été le moins partagé. Il eu aisé de voir qu4l s'agit de plusieurs hommes qui excitent la défiance, et de plusieurs points ^'histoire qui ont essuyé des contestations* Pour exclure toute idée de pluralité, il fau- droit dire : cUst V homme fur lequel je compterois le moins : Vantiquité de Vempire des Assyriens est le point fur leauel oti a été le moins partagé.

Quelquefois plusieurs fubstantifs iinguliers joints ensemble ont un même correspondant. En quel nombre le correspondant doit-il être ?

Réponse» Si les fubstantifs finguliers lont distincts , le correspondant doit être au plu- riel. Ex. Pindare et Corine furent , tourùrtour, couronnés aux jeux olympiques, Leshié et fan moineau feront immortels f grâces aux \iers de Catulle, ; " 4

^Mais (i les fubstant^ finguliers ont une espèce de fynonymie CTtreeux , fi leur figni- fîcatioii est a peu près la même ^ alors , comme il ne s'agit que d'un feul et m^mc objet ,, le correspondant dojt être au fingulLer: Auguste gouverna Rome avec ce tempérament et cette dou-^ fieur a laquelle il dut le pardon de fes anciennes cruautés. Il honora Aes lettres de cette protection et de cet attachement réel , qui , dans un fouve^ raih , est fi capable de Us faire fleurir.

Quant au ^,enre , le cont.spondant fuit le

■;/'-

f\

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\m

7'

i-

^

:'-:'/^,

■A

^i^

w

nias nq^lc dans le premier cas, et le plus voisin Alans le fécond , comme on le verra en

relisant: les exemples, .

m/ de Wailly veut que le correspondant faivj la loi dernier fubstantif, lorsque le» fuhfetantifkçxpMmentdes cAoj<rj , et <^uc le cor- redondant cs| immédiatement après eux, /

^ela me pàrbit faux, toutes les fois que le« iiibstaniift qui expriment des choses /ont dis- tincts » toutes les fuis qu'ils énoncent de^ ob- jets différents. Dites : ,.,' ^

La heauté et le vice réunis dans un mente iiH", . vidu ne /auraient attacher-un homme qui pense.

Le malheur et la prospérité , répandus , toiir^ à'tour^furun homme ^ décèlent la trempe de foi

ramour et Vamitié ^ auxquels je jn'étois livré fans réserve ^ ont pourtant laissé dàne moncaur un vidt que rien de mortel ne peut remplir,

tJ importe peu \ la fyntaxc qu'il s'agisse de personnes ou de choses ; la raison feule est fon guide, et il est clair que la pluralité du fens dans les fub«tanti!s entraîne la pluralité du nombre dans les correspondants. «

Nu, demi Gtfeu ne s'accordent pas toujours avec le fubstantif. On dit nu^Ute , nu-jambes , nu'pieds, quoiqu'on dise t^rr nue, jambes nu es ^

pieds nus, j '^

On dit aussi une demi-heure , une demi-çnces

quoiqu'on dise une^eûrç et demie , une once et

demie, . .^ , ' , ,.

Feu y adjectif qui Ci^nifie mort de notre- vivant,^

est invariable : fiu mon père , feu ma mire , à moins que l'adjectif la ne précède/ Ainsi , ouoiqu'on dise feu U reine , il faut dite Ia feue reine, *

•)

\

SS l' O li ihi O G R A P H B ,

(6) Cinq, fept , huit. La fîpale de cçs troîf <;n, mots esc nulle , lorsqu'ils font fuivis 'im;né- diatement et fans repos d'un mot qui Com- mence par une consonne. Prononcez cin che- y aux y Ji volumes i hid mo/.r. Partout ailleurs, ]a finale de ces trois mots* est fonore : ils font . cinq , vous ét'ysk, Jh't* nous ferons huit ; un cinq dtccrur , un fept de trijle , un huit Je carreau, > he p dans fept est toujours nul.

(7 ) l^ingt-Jeux. Prononcez vinte-deux,

^8) Soixante et dix. Autrefois on di^oit feptante pour foixante et dix \ hnitante pour quatre-vingts, et nonante pour quatre'vingt''dix.

On doit dire la version des jep tante , en'par- lant des foixante et dix interprètes qui tradui- sirent l'ancien testament d'hébreu en ^rec ^ par ordre de Plolimée Philadclphe < roi d'E- gypte. Le p fonne dans fepïàntt , feptinaire ^ jfeptùagésime, -■ ^ .

(9) Aftlle. Ce mot.fignific quelquefoif un espace de theinin d'environ mille pas géomé- ' triqueft « et dans ce fci^s , il peut prcridre la caractéristique du jiJuriel .V\

Les ^milles d'Italie font plus courts que les. ^ilici d'Angleterre, >^

Il esc des adjectifs qui cliatigent de fignifi- \ catio^n , en changeant de place.

Certain, Il (lénifie urp ou quelque dans les ConstfUctions mivantes : je Jais une certaine nouvelle ^ j'ai acheté de certains livres. Il est fynonyme d*assuré, dsins celles-ci ; dans une classe oh le maître est instruit , et les écoliers dociles , les progrès font certains, V amour des yers n'est pas toujours la marque certaine du talent poétique.

Faux, On appelle fl/w^/f corde, une corde

li n'est pas monc^ au toh qu'il faut , et

s corde

qui

corde f s'accoi"

fait joi bonne l.bmm<

Grar un ($ta .nu très mille ciernie jcctif 1

Gros ceinte, heaucc

Hom probit Une fe\ f)latt p hmnêti (l'une S'il s'J nvcc ho m nu

Méc lorsqu

Von cei l.t , de

-A liU '

r

(le m

avant

Pji

t:iUnt bici.s.

les.

ne

ce

ad-

^ F R A N Ç> I S B. .89

corde fausse , une corde ijui ne peut jamais s'accorder avec ufte autre. \

Gidiint. Un galant homme, est un homme qui fait joindre à la probit)^ les aj^rdiner.rs de l.i bonne compa|^nie.. Un homme (galant eut un libmme qui courtise les dames/

Grand: Un grand homme est celui qui , d'à un état nobiç,, s'dlève bien au dcs:siis 4<s autres. Un homme grand csi celui qui a laille avantageuse. On dit pourtant da «iernier fens: c'est un/ grand homme fec, lectif fubséquent fauve {'(équivoque.

Grosse. Une femme grosse est une fenvne en- ceinte. Une grosse femme est une femn^e qui a beaucoup d'embonpoint. / ^ ^

Honnête, Un honnête homme est un nomme de probité. Un homme honnête tut^un hqmme poli. Une femme honhéteic dit aussi d'un^ femme qui plaît par Tes manières. Une honnét^ fimme\ une h'mnête fille fe dit proprement d^une femme , d'une fille dont la conduite est/irréprochable. S'il s'îigit de la probité d'une femme , dites avec M. de Voltaire une femme honnête homme, /'

1

Méchant, Boilcau a fait dés vers ntéchants j^ grsquM a dit de Chapelain:^

. ), _ -

MauJ^li foit rautewr dur , dont l'âprt et rude verve » i^on cerveau tenailUnt » rlmi malgré Minerve , l.\ , Je fon lourd marteau martelant le bon fens , A i'jit de méchaiJti vcri àoMUt foii douze ceuts.

i]c mot , après le fubstantif, fjgnific malin , et avant le fubsrantif , ffiauvaix , mal fait.

Pauvre. Un pauvre auteur est Mn antriir fins t.'iUnt ; un ajitair pauvre est u;i auteur fans bici'.s. '*

Sage, Une fagc-fenwic est une accoucheuse^

.11

**"■

:

/

çO L* O R T H O G R A r H H ^

et une femme fage i une femme dont la con- évihc est bien réglée. ' ;

yihin. On entcnd^^^ir un vilain homme , un homme désagréable p^r fa figure , bu dégoû- tant parla mal-propreté, ou raéprisablb par Tes vices. Un homme vilain est ç(i\\ii\qm fait des épargnes fordides.

.^ Jadis notre langi^e avoit une infinité d'ad- jectifs et de fubstantifs qui diminuoicnt ou adoucissoient la force des mots. On disoit : ameUttefdoucelette, larmelettes, tendrelttus etc. Il faut CQHvemr que Ja maxiie des diminutifs en avoir fait employer de bien ridiculesi Mais n'avoni-nous pas été trop févères en les pros-^ crivant presque tous 7 et rexpressipn n'a-t-elle prt perdu du c'dté de taerace et de la naïveté? Le latin , l'espagnol , ntalien , le laTiguedo- cierii le. provençal eh ont un grand noi^^bre dont nous foiifnies enchantés ; le peu que nous en avons mcparptt bien précieux. Fillette^ fiulettt^ jolie tte yftmmeUtte , historiette , chan-" sonnette , gloriole font des dimi nu tifs jjès^heu- réiix I et rierv n'est plus joli/que le^iminutif amourette dans le madrigal futvarlt :

J'ai Ctnxt pour v(Kit ftiile une flammé pirfiite , Jg o*|ii iamalf aimé comme j'aime en ce jour > JDofii étoit mi dttrniére gmouretie ^ Vomi itei mou piemitramour^

La Moue*

m-

î

'4.

Mbd^

^

la con*

me. , un

dëgoû-

? par Tes

fait des

é d'ad- icnt ou disoit : lies erc, nfnutifs 'S: Mais ?8 pros- 'â-t-elle aïvetéî iguedo- noi|)bre eo que Fillette^

ès^heu- minutif

rfiite ,

P R A N Ç O 1 SI*

^

lifc..». p-

5»!

ARTI C LE III. *' .

Du pronom (^l")»

Le pronom est un fubstaittif qui réprc- sente un mot, et qui peut en reprcsenrer de diverses espèces. Ainsi, dans les exem- ples fuivants , )V est tour-à-touT le vicç- gèrent du lion et de l'âne, de Titus ec de. Néron ,. de M, de Voltaire et de Frelon, personnage' de r-Ec(7J'j'ow.

Les animaux etpient malades de la peste ; *

Le lion tint conseil, et die : mes chcriamls, /e crois que, leciel a permis: Pour nos pëçhës cette infortune : .Que le plus coupable de^fzôui

Se facrijîe aux^ traits du^éleste courroux ; " Peut-être i7 obtiendra la guirison commune.

L'histoire noùi apprf^nd qu^en de tçU accidents 0/1 fait de pareils dëvoûments. :

Ne nous flattons donc point i voyons Cit\ê indulgence L'état oe notre consciences^

Pour moi , fatisfaisant mes appétits gloutons , /ai dévoré force mbutohs. Çi/tfm'avoienjC-i/jr fait ? nulle offense.

Même il //^'cst arrivé quelquefois de manger " Xe berger,

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,91 L^O R T iïOG R A P rt E

Je me (jévoûrai donc , s'il le faut ; mais fe

pense ^

Qu'il est bon que chacun j'accuse , ainsi

que moi etc. L'âne vint à fon four , et dit ; /ai fouvenance

Qu'en un pré de moines passant , la-faini, l'occasion, l'herbe tendre , et, ;'« , pense ,

-\ Quelque diable aussi mf poussant , J^ tondis de ce pré la largeur de ma langue; 9 / Jetitn avois nul dfôit, puisqu'il,¥aut parler

net. A ces mots , on cria haro fur le baudet etc.

Titu s fe mettant à table /fc fôuvint un€ fois qu'il n'avoit accordé aucune grâce pendant le cours de la journée , et pro- . Donçâ ce mot qui devroit être gravé dam , le cceur de tous les rois ; mes amis ,yai perdu un jour, \ ^

' Quelqu'un répéta ce proverbe en pré- V sence de N^ron : qu'après ma mort tout périsse. Wtèponàii que tout périsse ypen- Jaritquejévis. ., -

M. de yVoltaîre a dit :

J'ai fait un peu de bien ^ ç'tit mon plus bel ouvrage*

Vers fubliine.,*Ie plus beau peut-être qui

foit forti de la plume de ce grand homme.

'Dans TEcossoise, F'rélon interroinpc

aiiisi la lecture de la gazette : ' J^>

>, Que de nouvelles afiligeantcs I des

\, grâces yy persor guinéc j, parce < mérite ipachir ouvrie places 3, rien ! . ,y rien ! 5^ mène ] ,, rétat , ,, sonne mp/ rie ceux q

5, parven 9 y faite. » ,^ les tal( ^^, vivre. nuire ( '' itre béaucou] avtoris au forent. .

' ■:' /

\

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F R A N Ç O I S E, 9J

», gcaccs répandues fur plus de vingt >, personnes! aucune fur moi'! .'*,* Cent guinécs de gratification à un bas officier, ,, parce qu'/7 a fait fon devoir : le bcaU mérite lUne pension à rinvcntcur d'une ipachine qui ne lèrt q/à foulager des ,, ouvriers ! , .. Une à lin pilote 1. . . Des places à des gens de lettres ; et à moi 5, rien ! . . . . Encor. j. encor. . .et à mçi syrien! ^ // jette la ^zette et Jj pro- mène ). Cependant je rends fervice à rétat , y'écris plus de failles que per- ,> sonne , y> fais enchérir papier , et à jy mçi rien^ Je vou-drois m^ venger de tous ceux qui ont du mérite. 7^ gagne déjà Quelque chofe à difédu mal. Siye'peux parvenir à -en faire > ma fortune esc ,, faite. J'ai jioué des fots , /ai dénigré ,j les talents^ pejirfe y a-t-il quoi

3> if

^, vivre. €e ll^ést pas àjmédire , i^est à nuire qu'aifî ' fajt ï^ ^"^

itre yV, il ■^KB/^pi ces exemples " biaucoiip ci'ip\^res W que nous

avcoîis aussi dé^îi^nés par un caractère dif- férent.

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94 L'OnTrtooRAPffË

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TABLEAU

Des vt/ritab/es pronomj/

Je , moi (a) , " me y nous.

Tu (3), toi, te, vous.

®

n, elfe, îuî,

en , y , oh, fe, foi C5),

elles /eux fleur, les.

te mien ^ h mienne , les mlenrar y Je tien , la tienne , les tiens , le^ fien , la fienhe , les fiens. Ze nStre , le vôtre » le Ieu% la nétre , la v6tre , la le!|r lés nôtres, les vôtres , leis leursw

Celui ^ celle, ceux , celle» , edjêigçi (7 ) , celle-ci , jceii#ci , celles-ci, , eelui-là, çellé-la, ceux-là, celles-là j. ce,. ceci, cela»

Q"» (8; /que , quoi , Sont, lequçij laquelle,

n.

y...

,ip

1

les<

. du<

5iU<

Le. Ce

la, Qt le p correspond

Coupei

trois Ou q

Je reprodui

Tout hc

" plus fat tel

fa vie à h

îl vaut

d'avoir à

Si le co

rantif, le

fubstantif

f c le noi^n

; dit Zaïre Cher av

M'ôter Dire je

Madam

f.

' . I

V

F R A w ç o X s B. ^ 5>J

lesquels , lesquelles , duquel, desquels» ' auquel , auxquels.

I^ Ce pronom,' dont le fcminin ^st /a, et le pluriel /fj , s'accorde avec fon correspondant , VU est fubsrantif.

Coupei le polype ieau douce en deux, trois ou quatre 'parties,, vvus le verrei fe reproduire tout entier dans chacun^

Tout homme devroit faire repitaphe la plus flatteuse de lui-même, et passer toute

fa vie à la mériter.

îlvaut mieux prévenir les fautes que

d'avoir à le^ punir. ^

Si le correspondant, n'est pa^.un lubs-

rantif , le reste invariable , parce que le fubstantiffeul peut communiquer le genre

$t le nombre dont il a feul h propriété :

O mon père î au Zaïre dans la tragédie de ce nom, Gher auteur de mes jours , parlez , ^ doîs-je faire î

tu SI G N AN.

J4'6ter , par un feul mot i

fnç« ennuis , Dire je fuis chrétienne.

Zaïrè^

Oui /.iS^neur. .. je/r fuir . ' Madame ,• .êtes-vou/malade î je U fui».

/:

mV peine et

"t!

(

., '

.V

/

\

Sf

. i

%':

?*

9^ l'Orthographe

Serez-vous long-temps veuve ? Je ferai toujours. ..

Dans ces trois exemples, /etst le rcpré- senranr des adjectifs chrétienne , maladiS et veuve.

Quelquefois ce pronom paroît être le vice- gèrent d'un fybstantif j et Test d'un adjectif dans la réi^litc. Exemple :

Les philosophes qui le font au préju^ dice des mœurs et de la religion méritent quonléSThf prisée ' °

La décdmposiçion de la phrase fait voir que le mot philosophes est employé ad^- jc:cti\^jéiicnt et fuibstantivement. Voilà pourquoi le et les , qui représentent un i^me mot, font founiis à une fyntaxe différente.

Dans ces circonstances délicates , vou-\ lez-vous favoir fi le pronom tient lieu ^ d'un fubstantif ou d'un adjectif? fubsti- ^ïiicz lui f elle , eux , elles ou bien /^/, teJle , t^ls , telles , fuivant le genre et le nombre; la première fubstitution vous indiquera un Substantif ; la le-,/ tonde, ^'iin adjcctifi Appliquons cette v. méthode. ^ ^ '

./?■-•■■- ■■;■ ', ■• >•.- .N ■'■ ' "■ ■■ . ■'■::■■ '

LùcilÇ;, êtes-vous mariée? —^ je le fuis,;

lifiut lei parce qu'on peut difc :1e/i/>^

;r

Eteê

Il faut elle.

Mes /efomi

Il &u

JôTfitni

Etci let foin

Il fan JorriTtu je la La auxp tion ( présc cette vous

Îuoiq hic tant (

;^lâ7né

-ne rru Les jours mais

//.

quam semé

* -,^- -

: »,

I F R A H Ç O I S ï. 97

Eteê*vouf il nouvelle mariée ?— je laCuià,

Il faut h , parce qu'on peut dire : /> ^û/V

. ; . '■■ \' ■■■-/

Mcssieuri , ^te«-vouf chatseurs T nous U fonunet . ,

Il faut /é^ , parcç qu*onpcut dire : nous Jùmmesttls.

Etef-vou8 les chasseurs du toit -^ nous Ui ibmmes. \

Il faut les , parce qu'on peut dire : naus^ fomnies eux. Cette méthode est aisée, et' je la crois infaillible. ^

La ju$tes$ç est une qualité essentielle aux pronoms. Il doit y avoir une propor- tion exacte entre eux et le inot qu'ils re- présentent. Aussi ya-t-H une faute dans ; cette phrase i Je vous fois àr ace , quoique vous ne Ui méritiez, pas. Décomposons : quoique vous ne méritiez pas fa grâce. Or la grâce n-est oas le juste représehr. tant àc grâce. Il ùiVidïi quoique v^us ne '^k rnéritieipas ; c'est-k-dire , quoique vo^s -neméritieipas que Je vous fasse g^àce. Les meilleurs auteurs ne font paitou* jours assez en garde coil^trecet^f faute : mais c'est le cas de leur appliquer le Xquanddque bontés d'Horace / fi heureu; semerit rendu^pair M^ Balze.

V,

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'X

'V

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V

1 f<'

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J.

4"'

98 l'OUTHOORAPHÎf

Qu'au fameux chantre de la G^èce 1x8 Aristarques du Ptrmesse ^ . Reprochent un léger fommeil } Sa muse , en merveiJIeg ftcpnde , Franchissant les remparts du niondc , Est datif rOlympe , ï fon réveil.

Ode sur j^e subl. poit.

En ,^, rô.Ces trois prohoms repré- sentent indifférVmment des finguliers ou des pluriq||% laiis que l^r Orthographe : varie/ ' ' .\ -'y ' A '' '

On , ton.Jls font parfaitement fyno- pynics; ntàis- (?/î esYpîus !usité/J>Ic vous ferVcz de ton que pour éviter un hiatus désagréable. Ce /du\feconAmotest plu- tôt un adjectif qu'uncuettré euphonique,

XJnetPon fc construisent toujours avec fihgulicf , et ordinair/ment avec le masculin, à moins qu'on ne parle bien précifément d'une femhie ou du Tcxe fcr minin * alors le tnasçulin feroit une faute. M, de Vpltairc écrit i M.MannonteU

j i7riofî«tf arrive , on est ilirpriV;

On croit voir Pallas. ou typris ,

^ Ou la reine des immortelles ; 1

Mais chacun m*a|>prend qu'à Paris , / 11 en esc cent presque aussi belles.

fi. Marmontél répond 1

X

DcSuJ?r/ort/if.f / ah , qUil est'Ioîn tiç temps dùTon en comptçit mîM.ci ! *

M N 0

El O M D

Leur, ne prenc n'y a qu je leurs cantif , i

Le ne orthogra font proi pellent j et nous ( tout jf ei le vùtre t tour*

aJjectift iné qu notre ptv

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Notre pays , j'en fuis témoin» N'est pas en beautés ù fertile. On est plus jolie \ présent / Et d'un minois plus réduisant , On a le^ piquantes fîntîSses ; Mais du beau les temps font passis , De nyrmphes il en est assez ; Mais nous avons peu de dées'iies.

Leur. Ce mot construit ^vec vin verbe

ne prend janxAis la marque Idu pluriel. Il

n'y a que la populace igporame qui dise :

je leurs ai dit. Construit avec urî fubs-

cantif , il en prend le nomt^e : V

" ^ ■"'".■ . ■' ' ' \ ' ' ^ ' '

On voit les coursiers rapides

Panir d*un élant fougueux ,

Et leur instinct belliqueux

Les fait vpler fotf s leurs guides'^

Les fait combattre avec eux.

Le néfret le vôtre. Ccst ainsi qu'il faut orthographier ces deux .mets , lorsqirils font pronoms , c'est-à-dire, lersqu^ils rap- pellent iin mon: vous â^ve^ votre tour , et nous aurons le nôtre mous avons notre four' f et vous aure!(^ votre. Le nôtre et ' le va/r^ tiennent lieuse /î(7/r^r(7;/r, votre

tour» : -" * v-\- -o " : .■' ■:■■■ V

. < ~ '^ ' '' "

hQt$({\XQ notre tt votre font purement adjectifs, lorsquç le fubstantif est; cxpri* iné qu'ils marchent ciiseml^le , on écrit

fiotre pi votre fans acceotcirconflexc : notre

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leo^ l^Orthoghap.hi^

bonheur. , /7(?/r^ parr/V , votre très-hunihle \ Jerviteur , votre tr es- humble Jirvant^. ' Observez auâsi que IV esc long'dans le premier cas, et bref dans le fécond.

Celui-ci f celui-là. Ci et font des adverbes qu'on jomt quelquefois au p^- noïti celui , et qu'on renvoie aussi qpâ* qùefois après le Tubstantif: c^r homme- '"^'ci p cet homme-là. Dans ces deux ma- nières de construire ci et , il ne faut . pas omettra trait d'union.

Ce et Je. Deux mots qui fe prononcent de miâme et qui s'écriveqt différemment. Toutes les fois que cette articulation est constmiteavec le verbe pronominal , écnyezjeriljiprom^ne, if s'est acqui^ Jelareputation.^^ écrivez

. cej ce hvre , ce font des gens connus , c'est une erreur deïeçroine. Il faut ce «parce qu'il Vjr a point de verbcpronqminal. Void les deux inpts dans une feule phrase;

T'

Ce Uv^'e fe vend ftrt cher.

■1.

v^

Cr est pronom dans les constructions iuivantei. ■• ' - : ;':. :.,- /„ ''• : ,[ .":;/■:■

qujp V^bui dîtes est vraî. Cest à C^iitû^phe C^1iMé!> que nous devons ln^ découverte de rAméri<{ue. C'est delà ttter que nous vient le corail.

1

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Si le i reste ;

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quel4 mme' ma- faut .

ticenc nent. acion linal»

Tiirez

parce Eiinal. feule

Etions

s nous

F R À n ç o I s K. mi/

II est le vice-gérent He chose dans le premier exemple , d* A (?mm<? dans le fe-; cond, et de lieu dans le troisième.

Suivi d'un compléirterit direct au plu- rier, U force le verbe à prendre Tinflexion plurielle: : *

Ce font met amis. C'étoient des gens bien respectables qtie nos aréttx.

Si le complément est indirect , le verbe reste au fîngulier : ^

Cest de mes amis que je tiens mon bonheur. ^ Ce%t à des gens bien respectabjes que je

dois tna place.

il faut encor le (îngulier t H le complet ment direct est de la première ou de la féconde personne C?)*

Nos pères ont péché ,; et c'est ijkous qui tommes punis. /

Mânes de Fabrieius , c!est voujl que j'interroge. v %

Lorsque ce est rehvçyé apjrls^le yè|be"^ écrivez ym-çt , JomTceiit^ii^cettc^

•A^ testé , ce mot: n'est pài tpujouf$ pronom , il e^r ibu'ylfe mcB

» - ». ' „'», ,, «* ' ' >iJi* •• ' , '

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ïot i'Ortho<îrapiii

TA BLE AU

Desjàux prçnoms.

Mon , ma , mes, ton , ta , tes , fon, fi\ fesf nocre , nos , VPtre , vos, leur, Uun.

Adjectifs y

i «S»'

iuhitantjfff

' . 'Il

Ce, cet, t cfette., CCS, . qiie] ,çi/e//r /quels , * quelque, chaque , ^ certain , quelconque , nul , aucun I pas un , autre, ntémâ, tel , plusieurs , tout* .

Quiconque , quelqu'un ( jo ), quelqu'une^ quelques-uns , quf Iques-'Unes , - chacun , chacune , ^ autrui^ -; personnie, '■

■■^;ii, .■ .,, ' rien, V ^ run, l'autre.

' •% ' - ■' "

Vun et l'autre , . njt Vuh ni l'auçtre , .quiquecefbii»

quoi que I quel; •• que , quelque ^ . tout ». . que.

«

GC5

plusieu classe 1 Parr avons ques-u iubstai tiv«. /

est fui

Ses oomp

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enfarji

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; F R A M Ç O I 5 f. ' lOj

Gcs dernières «xp^ressions renfermenc plusieurs mets qu'il faut ranger dans leur classe respective.

Parmi les faux pronoms que nous avons déclarés adjectifs , il crt est quel- ques-uns qui,' placés dans la phrase lanS lubstantif , y acquièrent la force fubswn- tive. Ainsi /^/, adjectif daris cet adî^:

Telle vie , telle mort, est fubstantif dans ce vers i

Tel brille au fécond jang qui s'éclipse au

premier.

^ Volt.

Ses et ces. On écrit fes ^ lorsque la dé- composition de ce mot amène de lui o\x d'elle : .

Le guerrier fe plat t à faire voir fes cica- tricea. . ,

GornélieU qui on demandoit à voit J es biious . montra fes enfants.

Les clcatricls de lui, les bijous d'elle , les

enfants d'elle. ' 1

' Ûnç: autre manière fcroiydc mettre ce

mot au fingulier. Si ce changement amène

fan au fa , ilfaut écriiie/'J' y fa cicatrice ,

. /on bijûu , fon enfant. Les jeunes ortho-

grapbistcs pourront user de l'un et diù

i

» ...

^.^'

:\

i

l'Orthografhb râi|rc moyen , pour dissiper toute incer- certii^de.

Hors" de ,- écrivez ces :

Dii, Valère , ë^nous , fi tu veux auM périsse. tu pentei choisir un lieu pour Ton fupplice. Sera-ce encre ces mùrt , que mille et mille voix Font retentir encor du bruit de fes exploits? Sera*ce hors des murs , au milieu de cespUces^ Qu'on voit fumer encor du fang det Cunaces 7

Notre, votre. Voyez la page pp.

Leur, leurs. Voyez la même page.

Ce.) Il est adjectif dans les construc- tions fuivantes : ce pain, ce vin, ce mow choir ; parce qu il a deux genres ,. ce , cette , et qu'il est joint à un lubstantif.

Lorsque le iubstantif auquel il cor- respond commence par une voyelle ou par un A nul , au lieu de ce , on écrit c^r ; iet ami , cet homme.

Quelle. Adjectif féminin que l'inat- tention peut confondre avec quelle , ex- pression qui renferme deux mots. ^

Si la décomposition net)eut pas avoir lteU| quelle est un mot fcul, et il ne faut point d'apostrophe.

Si décomposition peut avoir licoi , il y a deux mots que rapostrophe fépare :

Qtf^/i|^ douceur dans Tamlti^J il n'est point de peine quUlle ne diminue , ni de

plaisir qu'elle n'augmente

\^

<».

.■#« '

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d

^^

F R A W Ç O 1 « H-

10 J

lié n augmente.

Quelque'. Cet adjectif est pleinement fournis à la fyntaxe des autres :

y a-t-il quelque atiteur qui ait parlé de cela î Quelques auteurs prétendent etc.

Lorsque ce mol Çxgxixfit environ j à pi^ fvèsf il est invariable.

Quel Age madame une telle? —elle a quelque (oixan te apst

Quelconque.

L'épigrammei cheilea ancient^ étoit l'ex-

ÏrettiDn d*une pensée quelconque. )onriex-moi iix rimea quelconques^ et )• les remplirai,

,Nu/. Ce mot n'a point de plurirf, ' Vaièemcnt quelquef^bètcs lui cri c^t donné un;,,

Mon esprit n'admet point un pompeux

barpari^me ,- Ni d'un vers' ampoulé l'orgueilleux

folécisme.

Nul , fignifiant qui " ri est d*aucun$ valeur , a m pluriel y

Toutes ces procédures ont été déclarées' nulles.

X

V-

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A

t06 L' O R T H O G R A P H E ^^

Il y a cfans le monde bien des hommes

y Aucun. Ce mot ne doit avoir de plu- riel que dans le llyle inarotique , lors- qu'il fignifie quç/ques-uns*

Pour Gabrielle , en fan apoplexie , Aucuns diront qu'elle parie long-temps.

Par-tout ailleurs , c'est une faut^e.

Même. Ecrivez avec un trait d'union moi-même , toi-ménïe yjui-même ffoi-mè- tne , nous'mimfjf , vous-mêmes, eux-mê- mes.

r<?w,7>n retranche, le t au pïuriel ; tous les hommfs.

Lorsque tout a lignification de cA^- gue^ Icfingùlier me naroît plus correct, quoicjue Racine ait dit : ' ^

Rt ne voy ois-tu pas 9 dans mes emporiements , Que mon cenir démencoit ma bouche i toui momems ?

Rien. Ce mot est quelquefois au plu- riel t

Il vaut mieux ne rien dire que de dire dos rien).

If un et faune i ni Pm ni r autre (i i). Tous les correspondante de ces deux ex- pressions prises fubstantivement doivent être au pluriel : . ,

r

.:\

\

._..w;(|L..

«.-"—.-/i'»-.

i'^- -j».«^n^~ -ttA*_

il i J^' [

^

, F ». A N Ç O I S ». to7

Corneille et Racine fembloient avoir porté la . trattéie ^ fon dernier période i l u" tt Vautre ont été furpassés par M. de Vol- taire , fdon le lentiment du comte de St. Lambert :

/ . '

Vainqueur de i Atw riviux qui régnoientfur la fcènc , D'uu poignard plui tranchiiu il arma Mclpomèhe.

Mallveur V récrivain qui voit un noint au-

Ionnc« d'Mercuie : xni la *;u..i"...v , .- —- . lière n'ont atteint la perfection : ml un m l'autre n'ont pofié des bprnes qui ne feront pa a franchief. ' -

Quoi que. Ce (otyt deux ftonoms.

Quoi f«#voùi écrWlcï-, évite» Il biiMiitr

C'est ootnmc s'il' y avoit quelque ch^ çuéVQUS jécriviei* _

Lb^quc décomposition ne peut ayoit'heyx, quoiaue est invariable, et s'écrit en un ïeul mot, ;

Quoique vous ne rencontriez que des ingrats, ne hisseï pas d'être bienfaisant,

:QuelSque. Quelque.....que. hi frer mièrc expression rejette le fubstantif ' après le verbe : ^ à^^,

Quel que foit votre i^oir; S -- ^bT quelle que foit votre intention'; .

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^'i^.,

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I©8 1*Or THOGR A'^HE ;

' quels: que forent vos efforts ; . quelles que foient vos /Tomfjjej.

,•."*' ^ ' . "".•■■■■

Xa féconde veut être coupée par le

{ubstanuF;

^ Quél<j[uefJ!poifr que Vous conceviez ; quelque iÀtehrft7/t que vous ayiez ; .quelques ej^m que vous tentiez; . quelques promesses que vous fassiez.

' L'tïne, et Tautre dgriïfitntàe quelque nature que, -..-

Lor$qu*uiiid[jjectif coupe çW/yz/^ que, quelque est invariable., et i'exprçssion criticre équivaut V^w(?/jw^rr^^; -

Q^'^^u® pu^s^^tsqùe foiént les rois*

* C'est comme s*il y a^oit i quoique ks rois Joienî trèsTpuissants. ^

T(7z/r yi/^. Ges deux mots , coupés par un a4jectif ou par un fubstàntif , ont la (ignificàtion de quoiqu^ i

Tout habile qu'il est,

C*esVà-diré j>' quoiqu il Jhit habile. ;

Xe ijottf est bizarre dans , la construc- tion. Il reçoit llnfle^tett-adjective devant Its mots féminins quKçpmmencent par ."- une consonne. A cela près, il est inva- .•

nable : ^ " : *'

^ D

'". ^

-^W^-

F R A N Ç O I S E. ko9

TSilte reine qu'elle^esc , V

toutes charmâmes qu'elles font.

Tcfut acariâtre qu'est cette femme , ' tout infinies que. font vos bontés , tout injustes que font les hommes.

Jputp de même

nt entièrement k construit

Elle;est toute malade , -: *

elles furent toutes furprisei;. '

Elle est tout autre 9 des mains tourëcprchée^ ) , ils furent tout étonnés.

Tous étonnes rpvésentt un, autre fens. Il fignifiequilsjufeni tous dans- P étonner ment ; c'est le nombre que Ton /:onsi- "tière : ^toùt étartnés fignifie qu'ils furent dans un étonnement total ; c'est de l'état de Tame qu'il s'agit. Cette différence est fensible -pour qui prête la moindre at- tention.

*

s. « . , ~ . .

. - (i)Du Pronom, M. Restaut définit le pronom un mo$ qui tient ordinairement la place du nom.

Une bonne définition doit être précise , et ne convenir qu*a la chose définie.

Or, i,^. cet ordinairement nuit à la précision , et jette le lecteur dans rincer titude. Si le mot tient ordinairement la place du nom ,, ce n*e^ doncpjas toujoujr^^ et comment connoîtrai-je un pronom qui n*est pas vice-'gérent , qui n'a pas la mâi^que fpécifique du pronom ? Jamais

y-

^''

V

/

1

'f

K

J

liO l'OiVTHO GRAPHE

le root ordinairemcht n^est entré dans une défi- nition logique, v^

a^. Il est des mots qui en représentent d'au- tres et qui nefont pas pronoms. On dit le prince des apôtres pour jfaint Piètre , le cy^c de Mantoue pour Viràilé ^ cent voiles pour 'cent vaisseaux. Jamais personne n'a vu dans ces locutions qu'une 'figure de Rhétorique.

(i) Moi» Les personnes ^non lettrées fou- tiennenc qudf^ moi et je ne peuvent pas marcher ensemble. C*est arie erreur grossière , et Toii dit tres-bien : . '

(,'

Vous riez , et moi je pleure. Moi je pense que, cela est. - Je pehs« moi que cela n'est p^S.

Et moi qui ramenai triomphante , adorée ^. Je m'en retournerai feule et désespérée !

.Racine»

Il en est de même de no2/j , vous , toi^ lui, eîle y eux. Ce tour donne fie Ténergie à ki phrase, et tous nos/ bons auteurs en offrent mille exemples.

La politesse Françoise exige que moi tienne le dernier rang dans ces constructions :

*"'•■, Votre frère et moi,

Vous et moi. Lui , vous et moi.

Excepté dîins celles-ci f

- Moi et mon fil^ ,

Moi et mon laquais. p f

La distance qui est çntre un fils et fon père , tin laquais et fon maître dispense de la cé;er monie.

\TFande intimii '-•°' On tutoie ci

* F R A î/^ O I s !• III

(3) Ta, En.prose JOn/tùtoie fon laquais , et les» personnes avec jqiii\^l'on vie dans la plus grande intimidé. . t

On tutoie cncor par mépris :

Bietirè-'toiV^nalheureux. " . -

Le rutoiemenç ajoute à la noblesse du ftylc

oratoire : ." ' . >■ " --^ ,

Etre des. étrc5 ,4e t'adore , j'nfféantis ma foible raison devant ta fuprême grancleur.

En poésie ^ ou c*est le poète cjui parle , et •nlors, il peut tutoyer tous ceux a qui {^?^ vers s'adressent. Despréaux Uaite avec égalité fon jardinier et Louis X1V\ '

Ou ce font des acteurs, comme dans la tra- gédie, la comédie^ etc. et alors , il faut obseir- ver les convenances, Corasmin ne tutoiera pas Oiosmane , ni llector le Joueur.

Le changement de vous en i/zou. tu en %'.^us , produit un bel effet , lorsqu'il naît d*un choc d'idées et de fentiments..

Hermione ne tutoyqit pas Pyrrhus; mais , lorsque ce prince lui dit :

Rien vous engageait h m'aimer en effet.

Transportée , elle répond':

^e ne t*ai ppitit aimé ^ cruel î^u'ai -je donc fait? J'ai dédaigné pour toi les/rceiix de tous nos

princes," Je t'ai cherché moi - hitme au fond de tes

provinces ; J'y fuis encor, malgré tes infidélités, ,

Et malgré tous mes grecs, honteux de méf5

bontés. ; '

Je leur ai commandé de cacher mon injure \ Jfattendois en fecret le retour d'un parjure. J'ai cru que , tôt bu tard , à ton devoir rendu ,

X

\

r-

. -<"

\

I IX L* O R T H O 0 R A P M E

Tu me rapporterois un cçeur qui m'étoit dû. Je t'aimgis, inconstant ;qu'aurois-je (ai Cyfklellef Kt ihémel^n ce moment ta bouche cruelle Vient (i tranquillement m'annoncer le trépas > Ingrat , je doute encor fi je ne t^aime pas.

Puis .calmant un peu : .

Mais , Seigneur ,s*il le faut , fi le'ciel en, colère Réi^érve à d'autres yeux la gloire de vous plaire. Achevez votre hymen , j y consens ; mais du

moins .

Ne forcez pas mes jréux d'en être les témoins. Pour la dernière fois je vous parle peut-ét^e ; Différez-le d'un jour ; demain vauslerez maitre. y 0^ ne répondez point ?

Le ulence de Pyrrh^t» porte fon indlgn^itlon au dernier période :

Vous ne répondez pointl..^ Perfide, je le voi , Tu comptes les moments que tu perds avec moi. Ton c«ur impatient'^de revoir ta troyenne ^ Ne fouflre qu'à regret qu'une autre l'entre-

tieiihe ;

V

.A.

Tutui parles du cœur, tu la therches des yeùr Je ne* te retiens plus , fauve- toi de ces lieux ^ Vaiùi jurer la foi que tu m'a vois jurée. Va profaner des dieux la majesté facrée ; Ces dieux » ces mêmes dieux n'auront pas oublié Que les méines ferments avec moi Vont lié. Porte aux pieds dès autels ce'cceur qi)i m'aban- donne } Va ', cours ; mais crains encor d'y trouver HermioiYë.

Racine, Tragédie d^Andromdquc,

Peintresdu cœur , n'en foyez point jaloux ; C'est votre maître il vous furpasse tous.

. ; . (4)

\.

. F K j!^ 14 Ç.O I 5 E. 113

y (4) ^^' ^" ^^^ grands vices du langage est ràmpjhibologié. Les fxronoms le , // , lui ,' et , les adjectifa/on ,/tf , Jfes ; leur ^ font les prin- cfpaux éctieils vient échouer Fécrivgih qui n est pas fur fes gardes. II ne faut jamais que Tun de ces mots ni tout autre puissent avoir deux rapports difFére^its , h jnoinî? qu'on n'ait intention de dérober le véritable fens. Cest ainsi que Molière , ayant teçu du premier président l'ordre" exprès de ne pas représenter U Tartuffe ys'w2in<}z fur la fcene, et ék : Mes- itieuh ^ nous devions ^ aujourd'hui , vous donner le Tartuffe ; mais Âf. le premier président ne veut pas du' on le jou,e, Qh ne fait li le rapj^elle l^ Tartuffe ou le premier président. Il y a I:i une amphibologie oui fait epigramme. Partout ailleurs > que la relation foit une; la duplicité du rapport est contraire à la clarté , Tune des quiflites logiques du ftyle.

IsySoi, Tomes les fois que le correspondant de ce pronom présenta un féns individuel , un fens détermine, les puristes veulent qu'on em- ploie lui ^ elle, hii'tnême , elle-même. Ils ti'ou- vent une ûute dans les vers fuivants :

Mais fouvent un auteur qui fe flatte et qui

' s'aime ^

Méconnoit fon génie , et s'ignore foi-méme,

' ^ !^ Despréaux,

'Charmant , jeune , traînant tous les caurs après

* Racine,

Ôumonamour me trompe, ou Zaïre aùjour- -

^ d'hui , Pour rélçyer à Joi , dèscendr oit jufqu'à lui.

Voltaire,

>

■•*■

â

«

114 t'ORTHOGRÀPHÏÏ ,

Pour moi , je n'y trouve rîert de contra îre^aux / vëriiables principes, le crois tnénie que/or, qui ^st plus fonore et* rtioins grêle que /z^i, doit avoir la préférence envers;

((y) On. Selon ropinion commune , on nous vient d'komme :yn dit {c* est comme s'il y avoir les hommes disent. ...'-'

. Ne construisez jamai&jdeùxbfr avec deux rap- ports différents. Dans cette phrase . ,

On croit n'être pas trompé , et l'on nous trompe à tout motnent.

Le premier ô/ifc rapportée ceux qui ne croîcpt pas être trompi^s , et le fécond a ceux qui trom- pent. C'est une grande ftuté*que îa moindre attention peut faire éviter. Dites :

On croit n'être : pas trompé , et l'on est trompé à tout moment.

Cette règle eft applicabje à tous les cak de même nature. ' . *

(7) Celui-ci , celui-là. ' Le premier a un rap- port prochain y et le fécond iinjapport éloigné* Exemple :

Le joli a fori empire féparfdè cehii du beau* Celuj-d étonne, éblouit, persuade, en traîne; Celuirlà féduit , amuse et fe borne à plaire. *'■ . '■ ' /■' ' '. '

(8) Qui. Ce pronom, précédé d'une préposî- lion , ne s'emploie guère cju'eti parlant des i personnes. Autrement oh fe fer t de lequel) îiuquel^ auquel y doht. Vous direz :

'* L'homme fur qui je comprois , /]

l'efpoir fur lequel je. me fonde, La dame à qui j'ai parlé , :

recède à laquelle je m'applique, .

Il y^ a pou

Uh*»«uteu d'énergie i urées , 1 gens ^i » foibles ?' grandir »» porter >; meurt

y a crois p qui est in ei?t irtdiqi est indiqi tifs dont < parole fb

(ib) Q quelqu^un

Lorsqx pronom | mande 6 ou de leu

Tou une gehi

Nf chac

M. l'abb beaucou règle éx( lée de Te Exanvi complet

-7

/

- /

K A

'Franc o i s b. i^Ï

Il y^a pourtant des cas qui y correspondant- ^'nç^fhose , ne me paroît pas répréhensible. Uh*ftiuteur qui écrit avec autant de pureté qi^e d'énergie j en blâmant les instructions préma- turées , n*a pas craint de dire : u les jeunes )> ^ens ^épuisés de.bonne heure, restent petits, » foibles , mal-faits, vietllisscmt au lieu grandir ; comme la vigne à qui Ton fait j' porter du fruit au printemps ianguit et >; meurt avant l'automne». ';

(9^) De la première ou de la féconde personne . Il y a trois personnes grammaticales : la première, quiest indiquée paryc etnpus ; la féconde , qui est irtdiquéc par tu et vous ; la troisième , qui est indiquée par i7,i/j, et par tous les fubstan- tifs dont on parle ; car ceux à qui Ton adresse la parole Font de la féconde personiie. :

(ib) Quelqu'un , chacun. dites jaiiiaîs un quelque un y un chacun.

Lorsque,, dans la phrase^n nom ou un pronom pluriel précède le mot chacun , on de- mande fi chacun doit être fuivi âeJofT^a ^fes , ou de leur , leurs. Faut-il dire par exemple :

Tous les hommes doivent travailler avec une noble émulation , chacun dans Ton

. ' . ou m,,^

^ chacun dans leUr genrç h ^

M. l'abbé Girard a discuté cette matière avec beaucoup de fagacité , et nous lui devons une règle excellente , que je présente ici dépouil- lée de robscttrité métaphysique qui la couvre. Examinez avec foin la phrase.. Si le fens Cî,t complet avant chacun , employez (on ^fa^fcs*

Kl

<. *

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«

.- V

;

\

I

. . «-

j.

%l6 L* O ïl T M O ÙK A P H E

Si le fens eft inconiplec avant chacun , fervez* vous de leur , Uurs,

D'après cette règfe^ ditèsf : ils ont tous ap^ )porté des offrande^ au temple , chacun félon fes moyens.

Ils ont apporté chacun leur offrande,

Il est siïsé de voir que ^ dans la première phrase , ils oni^sMS. apporté des offrandes a:i temple offre Un fcnjR indépendant de chacun. C'est comme s'il y avoit ; ils ont tous apporté leur offrande au temple y ' chacun a apporté la /tenue félon fes moyens* .

Dans rautre'\^xemp}e , il est ais^ de voir qu^avant chacun il n'y a point de fens : ils ont mpporté. Pour le completter^ilfaut nécessaire* ment chacun leur offrande,

(il) Vun et Vautre y Vun ni^ Vautre, Ces deux expressions offrent une difficulté que Vaugelas et Comeilie ont examinée , et qu'ils n'ont pas résolue d'une mafiiére fatisfaifiante, Lcf premier est d'aviî qu'on peut dire égaleroei^:

L'un et l'autre est bot) ,

Tun et Vautre font, bons: .ni l'un ni l'autre ne vaut rien , >^ ni Tunni Tautre ne valent rien»

Corneille préfère le fbtgulier.

L'abbé Girard a généralisé la question; il ft^xamine pas feulement Vun et Vautre , ni Vvn Vautre ; maisv deux fubstanttfs fmgiiliers ^lielconquef ^ joints par ni répété ^ ou par et, Ce graçunairien veut toujours le pluriel après deux finguliers uni$ par et. Il veut au contraire toujours le £ingulieç après deux fingùl]erF

joints par cite :

Le princ

l'un ^tr

mais ni voiler le

Ce n'est fera nor

On trouve

L'un i Tun e Ni l'u ni l'ui

Oublions , neille, Gi Question, l'oreille à raison.

q'estur| guliers val conséquer vérité évi tous l,e$ 1 et que cel

Il est Tadjectifr Leurs ihfl ils n'ont c celle que

Or , PC dessus éni 1^ (iVun autre conj unités, a* pondants

F R A w ç 6 i s t. 117

joints par ni répété. Voici les exemple» qu'il cite : ' ; ■' Le prince et le ministre favent gouverner ; . Tun qt Tautce ont raison dans leur conduite ; mais ni Tun ni l'autre n'est obligé d'en dé- voiler le mystère.

Ce n'est'nf M. le cardinal ni M. le duc qui fera nommé ambassadeur.

On trouve dans le dictionnaire de l'académie :

L'un et l'autre y a manqué ,

l'un et Vautre nous ont manqué.

Ni l'un ni l'autre/fî^Jinflrait leur devoir»

ni l'un ni rautrer n'est mon père.

Oublions , pour un moment , Vaugelas , Cor- neille, Girard ,. tous ceux qui ont agité cette Question, fans en excepter l'acadéipie; fermions l'oreiile à l'autorité , pour mieux écouter U ' . raison.

Cl'est un axiome en^ammaire que deux fin- guliers valent un pluriel ^ et cet axiome est une conséquence de cet 3iutre : un et un font deux y vérité évidente pour tous les esprits et dans tous l^es lieux , existante avant la grammaire, et que celle-ci ne peut détruire ni altérer.

Il esc encor Incontestable que le verbe et l'adjectif reçoivent la loi de leur correspondant. Leurs inflexions annoncent leur dépendance ; ils n'ont différentes formes que pour fe plier a celle que ce correspondant leur imprime.

Or 9 pour avoir la folution du problème ci- dessus énoncé, il s'agit' de favoir deui choses:

I". fi Vunet Vautre , ni Vun ni Vautre , et touite autre construction femblable renferment deux unités, a*. Si verbe et l'adjectif font corres- pondants de ces^deux unités. Pans [e concouri

"N

/

I

8

^

O

. «

t'ÔRTHaGR A PH E

de ces deux points , le ûngulier violeroit touteT les lois > et le pluriel est de rigueur.

Maintenant procédons :

J*ai lu vos deux discours; Tun et Tautre

est bon. Je parle d'un discours , et puis d'un autre distours ; ce qui fait deux discours.

^ J'ai lu C€!s deux contes ; ni l'un ni l'autre n'est boh. .

Jc^rparle d'un conte , «t puis d'un autre conte y ce qui fait deux contes. - -L

il y a donc aussi pluralité*

Voilli le premier point examiné. Voyons.

- maintenant // Ti/n et t autre ^ ni Vun ni Vautre^ dont nous venons^ de démontrer la force plu- rielle,, font correspondants verbe et de l'adjectif

^ L'un et l'autre «st bon , iii l'un ni l'autre n'est bon.

Il est clair que le .verbe est et l'adjectif bon Ce rapportent à Vun et Vautre , h ni Vun ni Vautre,^ Sur quor tombe mon affirmation de bonté ? fur les deux discours : fur quoi tombe ma négation de bonté ? fur les deux contes. Tpus ces mots ont une correspondance étroitç,, et Ton ne

- peut s'y 'rtiéprondre.

Mais dans le (econd exemple , ni ne rompt-il pas la pluralité ? Non , fans doute; pour rom- pre la pluralité , il faudrcrtt que ni donnât l'exclusion à l'un des deux contes. Or, bien loin d*en exclure un , il les joint ,' il Içs accou- tre , il en présente deux , il femble même , en ' îe répétaqi*, recueillir toute fn force copula- tive : ni Vun ni Vautre , l'exclusion ne tombe que fiu* bonté:

iNil

Car c'est ai ne veuille deux»

^ Des prin nement qi conclure q gulier est \

Vu

ni 1' nir

Xe princ l'un et l's mais ni 1 dévoiler

Deux pei l'une et 1

Mais ne rabbé Gira

Cen'ei fera n<

Et avec l'at ' Nil'ui

On ne doit chacun ne| dans ces de

Réponse concerne p deux mots au participe au verbe es dants qui dinal , ni A

r' -' >

*'•;.

Françoise. 119

IS Ni Tun ni l'autre ne font bons,^

Car c'est ainsi qu'il faut dire , à moins qu'on ne veuille foutenir. que un çt un ne font pas^

deux»

Des principevque j'ai posés , et du raison- nement qui les a fuivis , je ne crains pas de conclure que , dans ces circonstances , le fin- gulier est une faute , et qu'on doit écrire :

L'un et l'autre font bons 9

ni l'uq ni l'autre ne font bons ,

ni l'un ni l'autre ne valent rien.

Le prince et mmistre favent gouverner ; l'un et Vautreront raison dans leur conduite ; mais ni l'un ni l'autre ne font obligés d*en dévoiler le mystère.

Deux personnes m'avoient donné leur parole; l'une et l'autre y ont manqué.

Mais ne faut-il p^s continuer d'écrire avec Tabbé Girard, ^

Ce n*est ni M. le cardinal ni M. fe duc qui fera nommé ambassadeur.

Et avec l'académie :

Ni l'un ni l'autre^^n'est mon père*

On ne doit nommer qu'un ambassadeur > «'ea.. ^ chacun ne peut avoir qu'un père. Gerrainement dans ces deux phrase,s , '41 n'y a point pluralité.

Réponse. Il est évident que la pluralité ne concerne point ambassadeur et père. Mais ces ' deux mots ne font point la loi au verbe fera , au participe nom/zr^, dans la première phrase ^ au verbe e^f , dans- In féconde. Les corrSrpon- cfants qui donnent l'ordre. font ni Al. le car- dinal , ni M* le duc ^ rïi l'un ni l'autre , Icsquvîls

." 7 '-'

il

,*v,

F g A N c o I s. E.

\*

liO t* O H T H O G K/A P H B

renferment une pluralirtl Or toutes les foiV ^qu*il y a pluralité dans le correspondant qui commande , il , doit y avoir pluralité dans le correspondant qui obéit. Ecrivez donc:

Ce n'est ni M. le cardinal i^i M. le duc qui ^ . feront nommés ambassadeur.

Ni Pun ni Tautrt ne/ont mon père.

■: . ^- *.., M'- . :

Ambassadeur et père testent au fingulier^ parce ^que la pluralité ne toinbe pas fur eux. On ne doit eflFectivemefit, dans Thypothèse, nommer qu'un ambassadeur , et, dans le fait «chacun ne peut avoir qu'un père. Ambassadeur et ]^hre obéissent à uix correspondant fous-en- tendu. Cest comme s'il y ^vou : ce n'est ni M, le cardinal ni M. le duc quiyeront nonimés pour être Thomme oui fera ambassadeur : ni lunnîl^autre ne font V homme qui est mon père. -

, Au reste, je loumets mon avis à cette même académie que j'ai^ osé contredire. Son impar-r tialité égaie fes lumières , et je fuis persuadé que dans la nouvelle édition qu'eUe prépare de Ion dictionnaire , elle dissipera 'toute mcérti- tude k cet égard , en adoptant^mon fentiment, en motivant le fien,

■*'

Le ^vçrb( quel le Çen & qui a d M. Thoi pie , lui d

Le çonquéra Il ravage la i

Détruity des verbes \% .véritabl(

Jedétri Je cçns /e rend

L'Ortho dans le vei U correspo

^y .

/

0

ARTICLE

JL E vertx

\'.^ <^ 3. ) ' ^' Tinlinitif.

* <

l'Orthographb

t%

B K A N Ç O I $ I.

•^

;3:

-H"

ART I e VE IV.

Du Vfrbé. ' \ .:

Le ^v^rbe ( I ) est un mot devant le-, quel îe fens permet de mettre y>, tu , /7, ^ qui a différentes inflexions ( 2 ). / M;. Thomas , dans fon épître au peu-^ pie, lui dit :

le conquérant détruit , tu conserves le monde f Il ravage la terre > et tu la rend^ féconde.

Détruit j conserves, ^ ravage et rends font des verbes, parce que je peux dire, dans Iq véritable fens de la phrase :

*

Je détruis , tu détruis , il détruit.

Je cçnserve, tu conserves , il conserve.

ie rends , tu rends 1 il rend.

L'Orthographe considère trois chosef dans le verbe ; les modes, les temps et U correspondance. ,v

/■

Des Modes.

L

JLe vcfbe a quatre modes : Taffirma- tif C 5 ) , Timpératif^ le complétif (4) et

Tinfinitif.

r

^

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F H A K Ç O I S E. 137

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•y.. ».

^'^.,

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». 'V

122 t'O R T HO CR A P H ï

Le mode affirmatif est celui qui affir- me, qui âSliire quelque cfeioW :

Maintenant j'aîtne , je H$, je coufs. Autrefois j'aimois , je ïispis , je courois. . Hier j*aimai , je lu^^ je courus. Deinain j'aimerai , je Hrai, je c,ourrai.

Le mode iihpératif est celui qui com- mande , prie , conseille , exhorte :

Aime ton dieu , lis ce livre , cour?^ la messe. Aimons dieu, lisQhs ce livre,courons à la messe. Aimez Dieu , lisez ce livre , coure; à la messe»

Le mode complétif est celui dont lés Inflexions variées fervent decomplément, fan$ jamais rien affirmer:

Il faut ç^vte )*airoe , que je lise , que je coiu-e ; il failpic que^j'aimasse ^ que je lusse, que je courusse. '.

Le riiodè infinitif est celui dont les

inflexions invariables ne présentent qu'utr

iens vague:

t. '

Aimer » liÏFe f counr "; V.

aimant lisant , courant. «

A

Il n'y a ]

le présent grammairie visions et d'après Tex bien orthD| les temps n gaisons fui\ finales.

Conjugu ou récrire i'es différent

ç

Prësen Maint

v<

a

>■ .

. ■,

»

1

^

- ■■ .

f

, »■

-

»

'. '■■

1

' 1

»

- .

••

'

'

1

-

-

1

«

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^

t

-•

1

>,

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_»J

•,

1

4

(

1 .

1

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, ■^ '

J

*

>f R A H Ç O 1 S B

'ij

' Des : TVmpj. -, ^ ' ^^.i^- ^,

L n y a proprement qiie trois temps : le présent, le passé et le futur. Les grammairiens les ont chargés de fubdi- visions et 4'obscurité. Nous Croyons , d'après l'expérience , qifil fuffit , pouf bien orthographier , de connoî tre les les temps marqués dans les deujcçôttju-

faisons fuivantes , et dans le tableau des nalès.

Conjuguer un verbe c'est le réciter ou récrire avec fes différents modes et Tes différents temps.'

, ÇO N J U G A I S*Ô N i Du verb|^j/r (5), Affirmatif

Présent (6). Maintenant

*

«

X

)'ai, tu as , il a.

nous avons , vous avez , ils ont. »

^

.r \

\.

^

\

■VA . ^

:\

y

114 X* O R T H O G R A P H è

B^ésent conditionnel. ^

'" Maintenant faurois'^

II

.,>

t\x aurois ^ il àùroic.

hous^rions » vpujs aurier. , . ils auro'ienc.

=:9^

ImpairÊit, Autrefois jVois ,

tuavois f iiaVoit. ,

'" nousisVions^

yoirs aviez , 'y/f / ilsavoient. :

*:■,■ Prétérit. Hier 'feus» V '^ , tu eus ,

'il eut. ^

'noii$ eûmcs^ V vous, eûtes,

-, jls eurent.

Futur. Demain j^àurai ,

tu auras ^- il aura.

Y\J

nous âuroris i vous aurez j ils auront.

Impératif. aie.